Mohamed Safwene Grira
07 Mars 2017•Mise à jour: 08 Mars 2017
AA/ Paris/ Souhir Bousbih
François Hollande a réuni lundi soir à Versailles les dirigeants allemand, italien et espagnol pour un « mini sommet » européen. Les dirigeants des quatre pays ont plaidé unanimement pour une Europe à « plusieurs vitesses » afin de relancer le projet commun, ébranlé par le Brexit et la montée des populismes.
Aller de l’avant mais n’écarter personne
« L’unité n’est pas l’uniformité » a souligné François Hollande dans une déclaration conjointe. Aux côtés d’Angela Merkel, Mariano Rajoy et Paolo Gentini, le président français a développé cette vision: «Je plaide pour qu’il y ait de nouvelles formes de coopérations, de nouveaux projets, ce qu’on appelle des coopérations différenciées».
Clairement, c’est une Europe à plusieurs vitesses que le chef de l’état appelle de ses vœux, évoquant des domaines où certains pays pourraient aller plus loin et «plus vite », notamment la défense, l’harmonisation fiscale, la jeunesse…
Que les plus grands mettent un coup d’accélérateur oui, «mais sans que les autres en soient écartés (…) et ne puissent s’y opposer» précise-t-il. Un point sur lequel l’a rejoint Angela Merkel, pour qui Européens doivent avoir «le courage d’accepter que certains pays avancent plus vite que d’autres ». Paolo Gentiloni a de son côté souhaité une Union européenne «plus intégrée» mais avec «différents niveaux d’intégration», quand Mariano Rajoy a clarifié la position de son pays: « L’Espagne est disposée à aller plus loin dans l’intégration avec tous ceux qui voudront la poursuivre ».
«Sans un nouvel esprit Européen, l’UE sombrera dans la dilution»
Ce sommet intervient à un moment très critique pour le Vieux Continent, fragilisé par la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne et le scepticisme nourri par les partis extrémistes et populistes. «Sans un nouvel esprit européen, l’UE sombrera dans la dilution et la dislocation» a déclaré François Hollande dans un entretien accordé à plusieurs journaux Européens.
Si pour lui «l’Europe à 27 ne peut plus être l’Europe uniforme à 27», la nécessité pour le continent européen de s’affirmer comme puissance a redoublé depuis l’élection de Donald Trump, très critique à l’endroit de l’UE: « C’est vrai que l’annonce d’un désengagement américain a suscité une prise de conscience en Europe ». La « méconnaissance de ce qu’est l’UE » impose démontrer au président américain « sa cohésion politique, son poids économique et son autonomie stratégique » poursuit le chef de l’Etat français.
L’idée d’une Europe à plusieurs vitesses est l'une des pistes validée par l’Union Européenne dans un « Livre Blanc », dévoilé le 1er mars. Cette progression différenciée sera plus largement discutée au sommet européen prévu les 9 e 10 mars à Bruxelles, et le 25 mars à Rome, à l’occasion des 60 ans du traité de Rome.