Bilal Müftüoğlu
20 Novembre 2015•Mise à jour: 21 Novembre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le Premier ministre Manuel Valls a mis en garde contre le risque de la disparition de l'espace Schengen, invitant l'Union européenne (UE) à prendre des mesures pour renforcer les contrôles à ses frontières extérieures.
"Si nous n’avançons pas de manière décisive, Schengen ne survivra pas", a déclaré Valls, s'exprimant devant les sénateurs qui débattent d'un projet de loi étendant la portée de l'état d'urgence.
Le Premier ministre français a ainsi exhorté ses partenaires européens à adopter le système PNR [Passenger Name Record, données des dossiers passagers] à l'échelle continentale et à une "protection effective" des frontières de l'UE.
Fustigeant la réticence européenne à l'égard du PNR, Valls s'est exclamé, "Je ne comprends pas que des parlementaires européens, y compris des Français, s’opposent à cet instrument indispensable pour lutter contre le terrorisme".
Le Premier ministre a ainsi appelé les eurodéputés à prendre "la responsabilité, de quelque famille politique qu’ils soient".
Le PNR permettrait, selon Valls, d'avoir un "fichier garantissant la traçabilité des déplacements, y compris à l’intérieur de l’Union".
Valls a mis en avant, comme "deuxième priorité", la protection "effective" des frontières de l'UE, pour assurer la "sécurité collective".
"Cela suppose au moins deux choses: mettre en place des contrôles systématiques à toutes les frontières extérieures de l’Union, y compris pour les bénéficiaires de la libre circulation, ce qui passe par une révision ciblée des règles de l’espace Schengen. Et créer un système de gardes-frontières européen", a-t-il indiqué.
D'autre part, Valls a fait savoir que le bilan des attentats de Paris du 13 novembre s'est alourdi à 130 morts, avec un individu succombant à ses blessures qu'il a subies vendredi dernier.