Nadia Chahed
20 Août 2022•Mise à jour: 21 Août 2022
AA / Montréal / Hatem Kattou
Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a exprimé, vendredi, son scepticisme quant au voyage annoncé par des députés fédéraux à Taiwan durant l’automne, ont rapporté plusieurs médias locaux.
Trudeau a souligné que son gouvernement « veillera à ce que les députés tiennent compte de toutes les conséquences possibles d'un voyage commercial à Taïwan ».
Le Comité permanent du commerce international de la Chambre des communes (chambre basse du parlement canadien) a demandé une « approbation budgétaire » pour effectuer une visite à Taiwan, un territoire situé à l'est de la Chine et qui revendiqué par Pékin.
Tout en faisant part de sa confiance quant au jugement du Comité parlementaire, Trudeau était inquiet de « l'agressivité croissante de la Chine à l'égard de Taïwan ».
« Je sais que le comité parlementaire va réfléchir attentivement avec tous les faits et toute l'analyse qu'ils vont recevoir pour prendre la bonne décision pour le Canada et pour le monde ».
En déplacement dans l’est de la province du Québec, Trudeau, a souligné que « les députés prennent leurs propres décisions sur les études de leurs comités et les voyages qu'ils entreprennent ».
Il a ajouté, toutefois, qu’il y a « des réflexions importantes en cours en ce moment », en faisant allusion aux récentes tensions entre la Chine et les Etats-Unis, allié du Canada.
Rappelons que Taiwan a été récemment au centre de tensions entre Pékin et Washington en raison, notamment, d’une visite effectuée dans le territoire insulaire, par Nancy Pelosi, présidente de la chambre américaine des représentants.
Plusieurs observateurs appréhendent le fait que la visite de députés canadiens à Taiwan ne porte atteinte aux relations entre Ottawa et Pékin, lesquelles relations ont été empreintes de tension et d’un coup de froid depuis la fin de l’année 2018.
Deux Canadiens ont été emprisonnés en Chine pendant près de deux ans, en réaction, estime Ottawa, à l’arrestation de la numéro 2 du géant des télécommunications Huawei à Vancouver pour une éventuelle extradition aux Etats-Unis. La crise a été résolue après des décisions de justice réciproques portant libération des détenus.