Berk Kutay Gokmen
23 Juin 2026•Mise à jour: 23 Juin 2026
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé mardi que les États-Unis mèneraient leurs discussions avec le Liban directement par l’intermédiaire des autorités libanaises, soulignant que ce dossier restait distinct de l’accord conclu entre Washington et Téhéran.
« Ce processus est distinct, car le Liban est un pays souverain. Il dispose d’un gouvernement et, lorsqu’il s’agit du Liban, nous négocierons et travaillerons directement avec le gouvernement libanais », a déclaré Rubio à son arrivée à Abou Dhabi.
En tournée aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn du 23 au 25 juin, le chef de la diplomatie américaine doit évoquer les questions de sécurité régionale après la signature d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran.
Rubio a indiqué s’être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, précisant que des responsables américains étaient déjà présents sur le terrain.
Selon lui, le principal sujet lié à l’Iran au Liban concerne « le soutien et le parrainage du Hezbollah », une question qui sera abordée dans le cadre des discussions avec Téhéran.
« Quant à l’avenir du Liban, il appartient au peuple libanais à travers son gouvernement souverain élu, et c’est avec lui que nous travaillerons », a-t-il ajouté.
Interrogé sur le détroit d’Ormuz, Rubio a également exclu toute possibilité pour l’Iran d’imposer des droits de passage dans cette voie maritime stratégique dans le cadre d’un éventuel accord final avec Washington.
« Il s’agit d’une voie maritime internationale. Aucun pays n’est autorisé à imposer des péages ou des redevances sur une voie maritime internationale », a-t-il rappelé, estimant que cette règle relevait du droit international et devait être respectée « ici comme partout ailleurs dans le monde ».
Le secrétaire d’État américain a par ailleurs jugé qu’une cessation complète des hostilités au Moyen-Orient demeurerait hors de portée tant que des « groupes soutenus par l’Iran » continueraient de lancer des missiles et des drones, précisant que ce point figurerait également à l’ordre du jour des négociations.
Rubio a enfin évoqué la possibilité d’opportunités économiques pour l’Iran, notamment sous forme d’investissements étrangers, si Téhéran décidait de « devenir un pays plutôt qu’un mouvement révolutionnaire exportant le terrorisme ».
« Il ne s’agira pas d’investissements américains ni de fonds du gouvernement américain », a-t-il toutefois précisé, ajoutant que toute évolution en ce sens dépendrait des progrès réalisés sur plusieurs dossiers de sécurité dans les jours à venir.
* traduit de l'anglais par Ayse Betul Akcesme