Mariem Njeh
27 Juin 2026•Mise à jour: 27 Juin 2026
AA / Istanbul / Mariem Njeh
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, a reconnu samedi une mortalité « supérieure à la normale » liée à la canicule, tout en soulignant l'impossibilité de fournir des chiffres nationaux en temps réel, et a annoncé des mesures à venir pour mieux identifier et prendre en charge les personnes isolées.
Une mortalité « supérieure à la normale »
Dans un entretien à La Tribune, la ministre a déclaré qu'« on observe un nombre de décès supérieur à la normale » en raison de la canicule, précisant que « les chaleurs extrêmes de ces derniers jours agissent avec un effet retard, notamment chez les personnes fragiles mais aussi chez certains plus jeunes, qui arrivent aux urgences parfois cinq à dix jours après la canicule ».
« On a des signaux qui montrent qu'il y aura très probablement une mortalité plus élevée qu'à la même période l'an dernier », a-t-elle ajouté.
Pas de chiffres nationaux en temps réel
Face aux questions sur le bilan des décès, Rist a expliqué devant la presse l'impossibilité de fournir des données exhaustives immédiates. « Je n'ai pas, avec la canicule, un test canicule qui permettrait d'avoir le nombre de décès immédiatement, en temps réel », a-t-elle déclaré, précisant que les données du ministère « arrivent avec un décalage » en raison de la coexistence de certificats de décès électroniques et papier, ces derniers prenant davantage de temps à être enregistrés.
«Si je vous donnais un chiffre du ministère de la Santé, un chiffre national, il serait forcément faux », a-t-elle affirmé, ajoutant : « Il n'est pas question de cacher quoi que ce soit aux Français. »
La ministre a néanmoins indiqué que « Santé publique France a des chiffres de tendance » et que « ces tendances montrent une augmentation de la mortalité ».
Afflux aux urgences et tension sur le système hospitalier
Rist a attribué la pression sur le système hospitalier à « l'arrivée des très fortes chaleurs », qu'elle a qualifiées d'« historiques en quantité», ayant entraîné une hausse des appels au SAMU « entre 40 et 60 % selon les endroits », avec des patients présentant « des fièvres à 40, 41 » degrés, « qu'ils soient jeunes ou plus âgés ».
Elle a distingué deux catégories de patients : des personnes jeunes « qui ont mal supporté la température très très chaude » et font des malaises, et des personnes âgées « en solitude » retrouvées « dans des états gravissimes voire quelques décès ».
La ministre a rappelé que le plan Orsan avait été activé « dès le mardi » en niveau 2, puis en niveau 3, pour « mobiliser tous les leviers », qualifiant la situation de « moment de crise, de tension » du système de santé. Elle a également averti que l'impact de la canicule risquait de « durer encore les jours qui viennent » même si les températures baissaient le lendemain.
Mesures à venir pour les personnes isolées
Si les tendances observées se confirmaient concernant les personnes isolées, « nous allons avoir à proposer des mesures pour permettre que ces personnes isolées soient mieux identifiées et qu'on puisse mieux s'en occuper », a annoncé la ministre.
Rist a par ailleurs rappelé l'existence d'un « protocole national » permettant aux infirmiers de prendre en charge des patients à domicile « avec l'accord d'un médecin par téléphone », afin d'« éviter des passages » aux urgences.
Près de 3.000 passages aux urgences en 24 heures à l'AP-HP
L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a indiqué dans son point quotidien, relayé par la presse locale, que l'activité de ses services d'urgence était restée « à un niveau exceptionnellement élevé » pour la deuxième journée consécutive, avec « près de 3 000 passages » recensés en 24 heures, soit un niveau « supérieur de 36 % » à une journée normale. L'AP-HP a également signalé une activité « stabilisée à un niveau très élevé» pour les Samu de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.