Serap Dogansoy
23 Juillet 2026•Mise à jour: 23 Juillet 2026
La France refuse pour l’instant d’autoriser le système d’aide à la conduite FSD de Tesla, dont les garanties de sécurité sont jugées insuffisantes, a annoncé le ministre des Transports Philippe Tabarot.
Dans une vidéo publiée le 22 juillet sur la plateforme gouvernementale Agora, le ministre reconnaît les « progrès technologiques » apportés par le FSD, mais estime qu’une autorisation « en l’état » n’est pas possible.
Le dispositif doit permettre à un véhicule d’évoluer dans différents environnements et d’exécuter automatiquement ses manœuvres, y compris en ville et sans que le conducteur garde une main sur le volant. Les aides existantes étaient jusqu’ici principalement destinées aux autoroutes, a expliqué le ministre.
Le FSD ne constitue toutefois pas un système de conduite autonome : le conducteur doit rester attentif et conserver à tout moment la responsabilité du véhicule, notamment sur le plan pénal en cas d’accident.
Des dépassements de vitesse constatés
Le gouvernement français a identifié plusieurs risques. Selon Philippe Tabarot, le FSD peut adapter sa vitesse à celle du trafic sans demande explicite du conducteur et rouler, par exemple, à 70 km/h sur une voie limitée à 50.
« Dans certains cas, un véhicule peut ainsi aller jusqu’à 50% au-dessus de la limite de vitesse autorisée », a-t-il affirmé, estimant que le code de la route n’était alors pas respecté.
Le ministère juge également que le système ne garantit pas une attention suffisante du conducteur en ville ou lors de manœuvres complexes, comme les changements de voie, le franchissement d’intersections et les ronds-points.
Cette vigilance est jugée d’autant plus nécessaire que le nombre d’accidents de la route repart à la hausse, a souligné le ministre.
Des discussions maintenues avec Tesla
Plusieurs pays européens partagent les réserves françaises, selon Philippe Tabarot. Les Pays-Bas ont pour leur part dérogé au cadre réglementaire international et européen afin d’autoriser le FSD sur leur territoire.
La France poursuit ses discussions techniques avec Tesla, les autorités néerlandaises et les autres États européens afin de préciser son évaluation et les modifications nécessaires. Un représentant du ministère des Transports s’est rendu aux Pays-Bas la semaine précédant la déclaration.
Paris assure ne pas être opposé à ces technologies. Des dérogations ont déjà été accordées à des dispositifs développés par Ford et BMW lorsqu’ils répondaient aux exigences de sécurité.
Des véhicules autonomes dès 2027
Plus de 200 expérimentations de véhicules autonomes ont été réalisées en France depuis 2015. Le gouvernement souhaite désormais permettre l’arrivée de premiers véhicules homologués dès 2027.
La France, l’Allemagne, le Luxembourg et quinze autres pays ont lancé une initiative européenne destinée à harmoniser les règles, à tester les véhicules et à permettre leur déploiement à grande échelle en Europe.
Philippe Tabarot réunira à l’automne les acteurs français du secteur pour présenter les moyens d’accélérer ce déploiement et fixer une feuille de route pour les prochaines années.
Le ministre a également mis en avant les constructeurs, les équipementiers automobiles et les compétences françaises dans l’intelligence artificielle et le numérique, tout en réaffirmant que le développement de ces technologies ne se ferait pas « au détriment de la sécurité ».