AA/ Brazzaville/ Prince Bafouolo
A la sortie Nord de Brazzaville, dans le quartier Kintélé, un complexe sportif doté d’un stade olympique d’une capacité de 60 000 places a été édifié. Il s’agit de l'épicentre des 11ème Jeux panafricains qui se tiendront dans quelques semaines dans la capitale congolaise.
"Pour nous, c’est un honneur immense que d'accueillir ce grand rendez-vous du sport africain, d'ailleurs nous n'avons épargné aucun effort pour rassembler toutes les conditions afin de faire de cette onzième édition une réussite totale", a récemment déclaré à la presse, Léon Alfred Opimbat, ministre congolais des sports et de l’éducation physique.
Selon le ministre, plus de 234 milliards de FCFA (468 millions de dollars) ont été dégagés par le Congo pour l’organisation de ces jeux. A quelques semaines du démarrage des jeux, les autorités affirment que toutes les infrastructures sont quasiment prêtes pour accueillir l’élite de l’athlétisme africain.
C'est que, outre le stade, se dressent un Centre nautique de 3.000 places, un Centre administratif doté d'un pavillon d’exposition, un Centre pour les médias, un hôtel de 100 lits et un village pour 8.000 athlètes. Par ailleurs, quatre gymnases et une cité olympique ont également été construits ou réhabilités dans la capitale et ses proches environs en prévision des Jeux.
Du 4 au 19 septembre prochain, le Congo accueille les onzièmes Jeux Africains. La compétition qui se déroulera à Brazzaville, qui a abrité la première édition de 1965, marque le cinquantenaire de ces jeux.
8000 athlètes viendront de 51 pays africains pour prendre part à ces jeux quadriennaux. 7000 autres personnes sont attendues, constituées de membres de délégations, d'arbitres etc., selon des données fournies par le ministère des sports.
Plus d'une vingtaine de disciplines sont prévues, notamment athlétisme, football, basket-ball, tennis, badminton, natation, sports de combat.
Depuis trois ans, le Congo s’organise pour offrir à la jeunesse du continent le meilleur accueil possible. Conscientes de l'importance de ce rendez-vous aussi bien pour l'image du pays que pour son économie, les autorités congolaises se sont attablées dès que le Conseil supérieur du sport en Afrique (SCSA) s'est prononcé (septembre 2011) en faveur de Brazzaville.
La mise en place des conditions nécessaires de réussite de cette 11ème édition a, depuis, été amplement discutée. Des travaux pour l'édification d'une infrastructure de pointe ou la réhabilitation d'autres sites n'ont pas tardé, ensuite.
Toutefois, si les autorités affirment que tout sera prêt dans les délais, certains observateurs s'inquiètent de voir des retards s’installer.
Francis Malonga, un jeune diplômé qui "attend avec impatience ce rendez-vous d’exception" estime que «l’organisation de tels évènements ne se limite pas à l’édification des infrastructures sportives mais doit également prévoir l’infrastructure routière, les hôtels, les restaurants… ».
Une inquiétude d’autant plus fondée, ajoute-t-il, que certains chantiers n’ont pas encore été livrés à quatre semaines des jeux africains citant le cas de la route de la corniche qui doit relier la banlieue sud de Brazzaville au complexe sportif de Kintélé.
La date de fin des travaux étant prévue avant septembre 2015, le chantier est loin d’être achevée pour l'instant. Ce projet dont le coût total s’élève à 70,8 milliards de franc CFA (environ 120 millions de dollars) devrait servir à désengorger la capitale, notamment à l'occasion des Jeux africains en facilitant le transfert des délégations, relève Jean-Claude, chauffeur de taxi à Brazzaville qui dit craindre de voir, le cas échéant, certaines voies fermées à la circulation.
Outre la finalisation des projets en cours, la question du financement est un autre sujet d’inquiétude. En effet, à ce jour le Congo a été seul à financer les travaux et les préparatifs.
«Le gouvernement doit fournir beaucoup d’efforts pour assurer le financement. Nous n’avons pas encore reçu de fonds des partenaires », déclarait, en juin dernier, à la presse Claudia Lemboumba Sassou N’guesso, présidente du comité marketing et communication des jeux africains, lors d’une réunion avec des éventuels sponsors.
Reste la question sécuritaire, le changement ou non de la Constitution pour permettre une éventuelle candidature du président Denis Sassou N'guesso en 2016 alimente les débats et crée la psychose dans la ville. Pour beaucoup d’observateurs, Brazzaville n’est pas à l’abri d'un soulèvement populaire, à l'instar de ce qui s'est passé dans d'autres pays.
Un défi majeur pour les autorités qui devraient doubler d'efforts pour assurer la sécurité du pays et celle des délégations étrangères qui séjourneront à Brazzaville. Selon des sources policières, une unité spéciale sera mise sur pied et se chargera du maintien de l’ordre durant le rendez-vous sportif.