Hanife Sevinç,Ayvaz Çolakoğlu
06 Avril 2017•Mise à jour: 07 Avril 2017
AA - Istanbul - Ayvaz Colakoglu
"Rendons Manbij à ses vrais propriétaires. Qui sont les vrais propriétaires de Manbij ? Les Arabes, là-bas il n'y a pas de Kurdes" a insisté le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan.
Erdogan a répondu aux questions sur l'actualité, jeudi, lors d'une émission retransmise en direct sur la chaîne d'information turque Kanal 7 depuis Istanbul.
Le leader du principal parti turc d'opposition CHP (parti républicain du peuple) a, à maintes reprises, reproché au gouvernement d'avoir entretenu des relations avec al-Assad après le déclenchement du conflit. A une question sur le sujet, le président turc Erdogan a apporté des précisions, indiquant que la population des régions turques limitrophes à la Syrie est inquiète et se demande si des terroristes du PYD/YPG sont en situation de pouvoir traverser la frontière.
"Nous avons mis de côté al-Assad. Pourquoi ? A une période il n'était pas comme ça. Mais maintenant, il est responsable d’une terreur d'Etat et représente un danger pour nos 911 km de frontière commune" a-t-il fait savoir avant d'ajouter que des murs sont en construction tout au long de la frontière syrienne et irakienne et que le nécessaire sera fait afin de garantir la sécurité de la population locale.
A une question relative aux projets de la Turquie en Syrie maintenant que la fin de l'Opération Bouclier de l'Euphrate a été annoncé, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré :
"Avec l'Armée syrienne libre (ASL) nous avons résolu la question d'al-Bab. Maintenant nous devons nous diriger vers le Sud-Est, en direction de Manbij, l'objectif c'est ça. Nous assistons là-bas (Manbij) à une course pour hisser des drapeaux. D'ailleurs nous ne sommes pas parvenus à résoudre cela avec Obama, car malheureusement il a protégé le PYD et le YPG. Il leur a fourni des armes, beaucoup d'armes. Peu importe ce que chacun raconte, nous avons des documents qui le prouvent. Nous avons fais les mêmes déclarations à l'administration Trump, c'est à dire, nous leur avons dis "vous ne réussirez pas à nous convaincre". Nous avons des documents en main. Vous avez donné des armes aux organisations terroristes PYD et YPG, vous leur fournissiez ces armes et cela a profité aussi à Daech. Maintenant, nous ne voulons plus tomber dans le même piège. Si vous souhaitez proposer une aide humanitaire, faisons cela ensemble. La Russie aussi souhaite hisser son drapeau. D'accord, faisons le ensemble mais rendons Manbij à ses vrais propriétaires. Qui sont les vrais propriétaires de Manbij ? Les Arabes, là-bas il n'y a pas de Kurdes".
Erdogan a remercié l'administration américaine pour ses déclarations sur la "transgression de la ligne rouge", tout en espérant qu'il ne s'agisse pas de paroles en l'air.
"S'il y a vraiment un passage à l'acte, alors la Turquie est prête à faire tout ce qui est nécessaire. Nous n'aurons aucune hésitation. Qu'on se réunisse avec toutes les forces de la coalition, les Etats-Unis en tête. Nous en avons parlé avec Poutine, mais après deux, trois jours, si vous n'avez toujours pas compris qui est derrière ça, alors c'est malheureux. Nous devons rapidement dépasser tout ça et prendre une décision. Qui est ami, qui est ennemi, qui est le virus de la région, qu'on le sache et qu'on agisse en conséquence" a-t-il martelé.
Le président Erdogan a également noté qu'il n'était pas juste de faire une différence entre des armes conventionnelles et des armes chimique en interdisant l'un et pas l'autre, précisant que le nombre de morts causées par des armes conventionnelles est nettement supérieur et que l'objectif doit être de mettre fin au conflit pour qu'il n'y ait plus de mort.