AA – Ankara – Bilal Muftuoglu
‘’Les Balkans vont nulle part’’, a annoncé Rizvan Sulejmani, membre du Centre macédonien de coopération internationale, dans le cadre d’une conférence internationale sur le thème ‘’Où vont les Balkans?’’
Predrag Simic, enseignant à l’université de Belgrade et ancien ambassadeur de la Serbie à Paris, Stefano Fantaroni, Premier conseiller de la délégation de l’Union européenne en Turquie et Rizvan Sulejmani se sont exprimés, mercredi, sur les relations entre la Turquie et les pays balkaniques ainsi que sur l’évolution de leur processus d’adhésion à l’Union européenne (UE) dans le cadre de la conférence organisée par la Fondation pour la recherche politique, économique et sociale (SETA) à Ankara.
A l’occasion du 25e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, Simic a indiqué que ‘’Nous avons une perception différente des Balkans aujourd’hui contrairement à la vision d’un avenir prometteur que l’on avait à la fin de la guerre froide''.
La crise économique dans la zone euro depuis 2009 a davantage souligné le manque de perspective ternissant l’image de l’UE aux yeux des peuples des Etats balkaniques, a fait savoir le diplomate serbe.
A l’égard des pays les plus présents dans la région, Simic a évoqué l’Allemagne, la Russie, la Turquie et la Chine.
La présence turque est ‘’nécessaire’’ dans les Balkans, a précisé le conférencier serbe, estimant que ‘’les relations serbo-bosniaques sont difficilement gérables sans la Turquie’’.
‘’L’UE ne peut pas être une autorité intermédiaire sur ce sujet’’, a-t-il ajouté.
Sulejmani a partagé l’avis du diplomate serbe sur les pays les plus engagés dans la région, revendiquant que l’UE a politiquement et économiquement abandonné les Balkans.
‘’La Turquie a rempli ce vide’’, a souligné le diplomate macédonien, précisant qu’elle fournit un soutien financier et culturel à la région, à travers des investissements et la construction des écoles et des universités.
‘’La Russie nous approvisionne en énergie tandis que l’Allemagne nous donne l’espoir en répétant qu’un jour nous deviendrons membres de l’UE’’, a-t-il poursuivi.
Les deux conférenciers ont également aussi fait part de leur scepticisme quant à une future adhésion à l’UE.
Réagissant aux critiques des participants serbe et macédonien, Fantaroni a affirmé que l’élargissement est une politique bien établie de l’UE et qu’il restera un élément clé des politiques européennes.
L’UE s’intéresse toujours aux Balkans occidentaux ainsi qu’à la Turquie, selon le Premier conseiller de la délégation européenne.
‘’Ces pays appartiennent à l’UE, pourtant l’adhésion sera le résultat de la réalisation des critères strictes mais justes’’, a fait remarquer le diplomate italien.
Fantaroni a mis en relief que la nouvelle structure des commissions européennes sur la politique étrangère, qui sont désormais rassemblées sous l’égide de Federica Mogherini, la Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, permettra une évolution plus rapide du processus d'adhésion des pays balkaniques et de la Turquie.