AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
La Turquie s'engage à réduire son déficit courant par des réformes structurelles économiques afin de ne plus figurer parmi les ''5 fragiles'' (5 économies émergentes fragiles selon Morgan Stanley, à savoir le Brésil, l’Inde, l’Indonésie, la Turquie et l’Afrique du Sud) rapidement affectées par les variations d'afflux de capitaux, a annoncé le vice-Premier ministre Ali Babacan.
Intervenant jeudi soir, lors de la session parlementaire sur les budgets de 2015 du Trésor public, du Conseil des marchés des Capitaux (SPK), de la Banque centrale turque, et du Fonds de garantie des dépôts (TMSF), Babacan a commenté l'évolution de l'économie turque et le programme de transformation économique annoncé par le Premier ministre Ahmet Davutoglu.
Davutoglu avait annoncé, jeudi, une partie du Programme de transformation économique, composé au total de 25 programmes et 1200 plans d'action visant à porter le PIB à 1300 milliards de dollars, à réduire le déficit courant à 5,2% et le taux de chômage à 7%, d'ici fin 2018.
Affirmant qu'il existe de diverses façons d'évaluer la performance économique, Babacan a cependant rappelé que l'économie turque a réalisé de bons résultats au cours des 12 dernières années.
Dans ce contexte, le vice-Premier ministre a fait savoir que le PIB par habitant, calculé en fonction des paramètres du Fonds monétaire international (FMI), a atteint 18 874 dollars en 2013, contre 10 324 dollars en 2002. Ce niveau permet ainsi à la Turquie de sortir de la liste des pays à faible revenu pour faire partie des pays à revenu intermédiaire.
Babacan a affirmé que la Turquie est un des rares pays à mettre en place une programmation à moyen terme (PMT), soulignant que la plupart des pays de G20 ''ne s'engagent même pas à réaliser un plan économique''.
En ce qui concerne le rythme de croissance de l'économie turque, Babacan a mis en relief la nécessité de la mise en œuvre des réformes structurelles dans le cadre de programme de transformation afin de maintenir un niveau annuel de 5-6% au lieu de stagner autour de 3%.
Notant que la Turquie est dépendante en matière d'énergie et qu'elle reste importatrice pour répondre aux besoins intérieurs, Babacan a ajouté que le pays pourra même avoir un excédent courant s'il parvient à assurer sa sécurité énergétique.
D'autre part, se prononçant sur l'inflation, Babacan a rappelé que le gouvernement s'est engagé à la réduire, notamment dans le cadre des PMT.
Les budgets du trésor, du Conseil des marchés des Capitaux (SPK), de la Banque centrale turque, et du Fonds de garantie des dépôts (TMSF) ont été approuvés à la suite de la session parlementaire.