Ogün Duru,Nazlı Yüzbaşıoğlu,Tuncay Çakmak
12 Mars 2021•Mise à jour: 13 Mars 2021
AA / Ankara
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a fait savoir que des discussions au niveau diplomatique ont repris entre Ankara et Le Caire, après plusieurs années de ruptures des relations entre les deux capitales.
Le Chef de la diplomatie turque a fait des déclarations aux correspondants de l’Agence Anadolu (AA) et de la TV publique turque TRT, vendredi, au sujet des développements relatifs à la politique extérieure de la Turquie.
- La situation en Syrie :
La Syrie, où la Turquie est impliquée dans la lutte contre le terrorisme dans le nord du pays, mais aussi dans la dimension humanitaire, que ce soit par les plus de 3,5 millions de Syriens qu’elle accueille sur son sol, mais aussi des activités qu’elle mène dans les camps de réfugiés en Syrie même, occupe une place toujours importante dans la politique régionale d’Ankara.
Cette semaine, un sommet tripartite des ministres des Affaires étrangères de la Turquie, la Russie et le Qatar, s’est tenu à Doha.
Il est la démonstration du rôle de plus en plus important du Qatar dans la dimension humanitaire de la question syrienne.
"Ce travail [avec le Qatar] n’est pas une alternative aux autres initiatives existantes telles que le processus de Genève ou celui d’Astana comprenant l’Iran", a assuré Cavusoglu, informant que la prochaine réunion aura lieu en Turquie.
- Les pourparlers en Afghanistan :
Le ministre turc a ensuite indiqué qu’une réunion relative au processus de paix en Afghanistan devrait se tenir en avril à Istanbul.
Il a rappelé que la Turquie est active "depuis le début" dans ce processus, et qu’elle a été un des rares pays à être invité à la signature de l’accord conclue entre les Talibans et les États-Unis.
Il a ajouté que toutes les parties concernées, gouvernement afghan, les Talibans et les États-Unis ont exprimé leur souhait de voir la Turquie accueillir une telle réunion.
- Reprise du dialogue avec l’Égypte :
Cavusoglu a par ailleurs expliqué qu’Ankara et Le Caire ont repris, petit à petit, le dialogue, sans émettre une quelconque précondition.
"Après plusieurs années de rupture, il n’est pas évident d’agir comme si de rien n’était. Nous avançons pas à pas. Nous avons repris nos contacts avec l’Égypte tant au niveau du Renseignement, que de notre ministère. Les contacts ont repris au niveau diplomatique", a-t-il indiqué.
Ankara et Le Caire avaient rompu leurs relations en 2013 après le coup d’état en Égypte.
- L’agenda des semaines à venir :
Le Chef de la diplomatie turque a également donné des informations sur son agenda futur.
Il se rendra très prochainement en Somalie, pour souligner l’importance que la Turquie donne aux développements dans ce pays frère, et contribuer à la sortie de crise au sujet des élections.
Par ailleurs, le ministre chinois des Affaires étrangères, qui entamera une visite dans la région ce mois-ci, est attendu le 25 mars en Turquie.
- Les relations Turquie-Union Européenne (UE) :
Cavusoglu s’est aussi exprimé sur les relations avec l’UE. Le Président Recep Tayyip Erdogan s’est récemment entretenu avec la Chancelière Merkel et le Président Macron.
"Je peux dire que ce fut le plus positif des entretiens avec Macron", a-t-il partagé.
"Nous avons transmis notre proposition de feuille de route pour nos relations avec l’UE, nous attendons leur réponse", a-t-il ensuite expliqué.
- Les relations avec les pays du Golfe.
Enfin, le ministre turc est revenu sur la tendance à l’amélioration des relations avec l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis (EAU).
"Il n’y a pas de raisons pour que nos relations avec Riyad n’évoluent pas", a-t-il dit, constatant une approche mois hostile et agressive de ce pays envers la Turquie.
"C’est pareil pour les EAU, s’ils font un pas vers nous, nous en ferons un vers eux. Nous ne voulons nous disputer avec personne", a-t-il ajouté en conclusion.
* Traduit du turc par Tuncay Çakmak