AA - New York - Hamza Gedikoğlu
"Critiquer les massacres commis par Israël n'est pas de l'antisémitisme", a déclaré lundi, le Président turc Recep Tayyip Erdogan à New York lors d'un discours au Council on Foreign Relations (CFR), un think tank américain.
"Quand nous critiquons le massacre des enfants et des bébés innocents au Moyen-Orient, nous devenons la cible de certains médias", a-t-il ajouté.
"La Turquie n'a jamais adopté une attitude raciste. J’étais l'un des Premiers ministres à qualifier l'antisémitisme de crime contre l'humanité. L'Etat et le peuple turc ont toujours été du côté des opprimés, quand les juifs avaient été opprimés, nous leur avons tendu la main".
"De la même manière, notre pays a accueilli les Juifs fuyant la persécution d'Hitler. Appeler un pays (Israël) qui a arrêté un bateau dans les eaux internationales, chargé d'aide pour Gaza et massacré 10 personnes, à rendre compte de ses actes, ce n'est pas de l'antisémitisme. Critiquer un gouvernement qui attaque délibérément les enfants et bébés dans les parcs, à la plage, à l'hôpital, à la mosquée, à leurs domiciles, n'est pas de l'antisémitisme.
"Nos critiques ne visent pas les Juifs, mais sont destinées seulement à l'Etat israélien et à sa politique".
Sur le printemps arabe, Erdogan a affirmé "Nos appels et avertissements à l'Egypte n'ont pas été écoutés. De même, nous avons prévenu, au début de la crise, Bachar al-Assad et la communauté internationale. Malheureusement nos avertissements ont été ignorés et le resultat est triste."
Erdogan a ajouté que l'indifférence du monde occidental a causé la mort de centaines de milliers de Syriens innocents et fait six millions de déplacés.
En mai 2010, une flottille humanitaire internationale, avait tenté de briser le blocus imposé par Israël à la Bande de Gaza pour délivrer nourriture, médicaments, vêtements et maisons préfabriquées. Le navire turc Mavi Marmara, avait alors été attaqué par l’armée israélienne dans les eaux internationales, faisant dix morts. En 2013, Erdogan avait accepté les excuses présentées par son homologue israélien, qui s’était aussi engagé à indemniser les familles des victimes.
La dernière offensive militaire d’Israël contre Gaza a pris fin, le 26 août, avec l’annonce d’un cessez-le-feu.
L’opération « Haie de protection », qui a débuté le 7 juillet et qui a duré 51 jours, a coûté la vie à au moins de 2147 personnes et blessé plus de 11 000 autres, dont la majorité sont des civils, tandis que des milliers de bâtiments ont été détruits dans la Bande de Gaza.
Israêl a reconnu officiellment la mort de soixante-sept de ses soldats et de cinq civils.
A propos de l'Etat parallèle, le chef d'Etat turc, a souligné que certains médias et think tank des Etats-Unis restent sous l'influence de cette organisation. "J'espère que la Turquie et les Etats-Unis, coopéreront dans lutte contre cette organisation qui constitue une menace pour les deux pays."a-t-il ajouté.
Le gouvernement avait accusé, de manière indirecte, l’organisation de "Fethullah Gülen" d’être l’instigatrice de l’opération du 17 décembre et de la deuxième vague des manifestations survenue le 25 du même mois dans une tentative de destabiliser le Parti pour la Justice et le Développement (AKP) à travers ses "réseaux ancrés" de manière méthodique dans les arcanes de l’adminstration de l'Etat, tout particulièrement, au sein des institutions de la justice et de la sécurité. Le gouvernement a accusé Gulen d’avoir fomenté une "organisation parallèle" à l’Etat turc.
D'autre part, Erdogan a accusé certains médias et ONG américains de déployer des efforts pour montrer que la Turquie est complaisante avec les terroristes, notamment avec l'"Etat islamique" (EI).
L'article du quotidien ''ISIS Draws a Steady Stream of Recruits From Turkey'' (L"'EI" recrute en flux continu des nouveaux membres depuis la Turquie) soutenait qu'une salle de prière clandestine près de la Mosquée de Haci Bayram à Ankara était destinée au recrutement des jeunes pour les inciter à rejoindre les rangs de l'organisation terroriste de l'''Etat islamique''. Le même article avait mis en photo de couverture, de façon inconvenante et tendancieuse, la visite du Premier ministre Ahmet Davutoglu et du Président Erdogan à la Mosquée de Haci Bayram.
Par ailleurs, le Président turc a démenti les allégations selon lesquelles la Turquie procède au trafic illégal du pétrole avec "l'EI", en déclarant "Notre Premier ministre et notre ministre de l'Energie ont démenti à plusieurs reprises ces allégations." il a ajouté que "les allégations selon lesquelles des membres de l'"EI" sont soignés en Turquie sont complétement fausses".
La Turquie est accusée par une partie de la presse occidentale, de procéder au trafic illégal du pétrole avec "l’EI".