AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a appelé, mercredi, tous les savants et hommes de religion à œuvrer pour restaurer la fraternité dans le pays.
S’exprimant lors de la 31ème réunion de concertation des Muftis de Turquie, Davutoglu a déclaré que le pays a besoin de retrouver l’esprit de fraternité et de partage, transmis par Mevlana, alors que l’Anatolie était menacée par les invasions mongoles.
«Mevlana disait ‘viens, qui que tu sois, viens’, alors que l’Anatolie était menacée par les Mongoles et que les guerres entre courants religieux étaient fréquentes, aujourd’hui aussi, nous avons besoin de cet appel, a-t-il expliqué. Nos muftis, nos savants et nos leaders religieux doivent, dans toute la géographie islamique, dire 'viens' ».
Ahmet Davutoglu a expliqué que l’état de la ville de Bagdad, aujourd'hui, n’est pas différend de celui de 1258 quand elle a été détruite par les Mongoles. Damas aussi, en proie à la guerre civile, avait également connue la destruction.
Les organisations terroristes comme Daesh, qui se réclament de l’Islam, et qui opposent sunnites et chiites, sont une très grande menace pour les musulmans, a déclaré le chef du gouvernement.
C’est pourquoi, il est essentiel que les jeunes, première cible de Daesh, suivent un enseignement sein et véridique de l’Islam.
Davutoglu a indiqué que la réunion de concertation des Muftis de Turquie se tenait à un moment où tout le monde en ressentait le besoin.
«Le statut de mufti n’est pas seulement un titre bureaucratique, a-t-il poursuivi. la Mufti est le représentant de la conscience et de la compassion, nos citoyens peuvent le consulter quand ils rencontrent des difficultés pour prendre une décision en conformité avec leur croyance. C’est pourquoi je suis honoré d’être en votre présence, en ces jours où nous avons besoin de retrouver cette conscience, pour rétablir l’esprit de fraternité entre nos concitoyens. Contrairement à d’autres religions, il n’y a pas de fonction hiérarchique spirituelle dans l’Islam. Nos muftis vivent au milieu des autres croyants, ils sont confrontés aux mêmes difficultés.»
Selon le Premier ministre, l’humanité traverse une grande dépression, face aux défis de la globalisation, des possibilités qu’elle offre, mais également des grandes inégalités qu’elle crée.
«Dans ce contexte, le monde musulman vit de grandes tragédies qu’il ne mérite pas, a-t-il poursuivi. Les guerres, les conflits et les difficultés que les musulmans subissent ne correspondent pas à la philosophie de l’Islam. La Turquie, pour sa part, tente de proposer un modèle de vie moderne, soucieux de ses valeurs, sans succomber aux défis de la globalisation. C’est pourquoi nous devons réussir ce test avec brio, et proposer ainsi, un nouveau monde pour les générations à venir.»
Le Premier ministre a estimé que la Direction des Affaires religieuses de Turquie, "Diyanet", devait préserver son statut au-dessus de la politique.
Selon Davutoglu, la Diyanet porte une mission sacrée, visant à consolider la fraternité et l’unité entre les citoyens de Turquie.
Celaleddin Rumi ou Mevlana (1207-1273), est le plus grand philosophe et mystique de l’Islam turc. Le surnom de Mevlana lui fut donné par ses disciples, il signifie «notre maître».