Ilkay Guder
15 Février 2016•Mise à jour: 16 Février 2016
AA / Kiev /Ilkay Guder
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a souligné que le régime syrien, la Russie, d’autres pays et des organisations terroristes, dont le PYD, ont commis des crimes contre l’Humanité en Syrie.
Davutoglu animait une conférence de presse conjointe, lundi, avec son homologue ukrainien Arseni Iatseniouk, à Kiev,où il est en visite officielle.
«Ils violent le droit international de manière flagrante afin de contrôler de vastes zones en prélude à une solution», a lancé le Premier ministre turc.
«L’Ukraine n’est pas seulement un pays voisin. Il s’agit d’un Etat frère et d'un partenaire stratégique», a relevé Davutoglu.
«Nous accordons une importance majeure à la stabilité et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine», a-t-il insisté.
«La Turquie respecte l’unité de l’Ukraine et rejette catégoriquement l’annexion par la Russie de la presqu’île de Crimée, partie intégrante de l’Ukraine et foyer d'origine des Tatars de Crimée», a souligné le Chef du gouvernement turc.
«Les droits de l’Homme sont largement transgressés en Crimée et je dois rappeler aux responsables russes que l’époque de l’Union Soviétique est révolue depuis 25 ans et que les tentatives de la ressusciter ne sera pas bénéfique à la Russie», a-t-il poursuivi.
«Le peuple russe ne fait pas siens les agissements de ses dirigeants qui font valoir le veto dont ils disposent au conseil de sécurité des Nations unies», a estimé Davutoglu.
«En réalité, l’intégrité territoriale de trois pays est sous la menace russe actuellement. Il s’agit de la Géorgie, de l’Ukraine et de la Syrie de même que l’unité de l’Azerbaïdjan est également menacée à cause du soutien de Moscou à l’Arménie», a-t-il martelé.
A propos des raids russes en Syrie, le Premier ministre turc a dit:«Malheureusement, les attaques barbares perpétrées par la Russie, le régime et les organisations terroristes contre les civils se poursuivent».
«Nous avons une position commune [avec l’Ukraine] hostile à l’agression russe que ce soit en Crimée, en Ukraine ou en Syrie», a-t-il indiqué.
S’agissant des allégations portant sur l’entrée des forces turques en Syrie, Davutoglu a tenu à souligner qu’aucun élément des forces de sécurité turques ne se trouve en Syrie en ce moment. «La Turquie soutient le peuple syrien et n’a jamais été une force occupante», a-t-il rappelé.
Davutoglu a, par ailleurs, mis en exergue la détermination de la Turquie à réagir et à riposter face aux Unités de protection du peuple (YPG, branche armée du PYD, lui-même prolongement du PKK terroriste en Syrie».
«La Turquie compte riposter si ces groupes continueront à attaquer la ville de Azaz dans le Rif de Alep ce qui a provoqué une nouvelle vague de réfugiés en direction de notre territoire», a-t-il martelé.
Davutoglu a qualifié les unités du PYD et du YPG de «pions instrumentalisés par la Russie».
Il a réitéré l’appui de la Turquie au peuple syrien, affirmant que Ankara continue à acheminer, en tout état de cause, les aides humanitaires à la population civile de Alep (Nord de la Syrie) et à panser ses plaies.
Il a évoqué également les discussions visant à résoudre la crise syrienne. «Si ce qui se déroule à Munich et à Genève est du théâtre diplomatique et que les massacres subis par le peuple syrien se poursuivent, la Communauté internationale assumera la responsabilité d’une grande partie de ce qui se passe», a-t-il conclu.