Kurbani Geyik,Tuncay Çakmak,Saida Charafeddine
02 Mars 2016•Mise à jour: 03 Mars 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a estimé que la décision de la Cour Constitutionnelle turque en faveur de la libération des deux journalistes, Can Dundar et Erdem Gul, est une «intervention ouverte» dans l’affaire qui est encore devant la justice.
Davutoglu a répondu aux questions des journalistes, mercredi, après la conférence de presse conjointe avec son homologue de la République Turque de Chypre Nord, Omer Soyer Kalyoncu.
«Quand on creuse le fond de l'affaire, on est face à une activité d'espionnage contre la République de Turquie, son gouvernement et son peuple. Tout le monde doit comprendre cela", a-t-il dit.
Pour le Premier-ministre, cette décision vise à détourner l’opinion du fond de l’affaire.
«Il n’est pas possible de se tourner vers la Cour Constitutionnelle tant que toutes les procédures judiciaires ne sont pas terminées. L’affaire est en cours. Il n’est pas acceptable de transformer cette affaire de trahison en une affaire de liberté d’expression. C’est une intervention ouverte dans une affaire judiciaire en cours», a-t-il expliqué
Pour répondre aux polémiques autour de la déclaration du Président de la République, dénonçant cette décision de la Cour, Davutoglu a déclaré que tout citoyen est en droit de critiquer les institutions et leurs décisions.
Selon le Chef du gouvernement, il serait peut-être profitable pour la justice turque de mettre en place une mesure qui rappellerait clairement que la Cour Constitutionnelle est le dernier recours possible après la clôture de toutes les autres procédures judiciaires.
En réponse à une question concernant l’appel de Selahattin Demirtas, co-président du Parti Démocratique des Peuples (HDP), pour des manifestations illégales à Sur, district de Diyarbakir, Davutoglu a expliqué que le gouvernement ne l’autorisera pas.
«Leur seul but est de pousser la Turquie dans le chaos en collaborant avec les terroristes. La paix et le calme ne font pas parties de leurs préoccupations. Nous ne l’autoriserons pas. Les opérations sécuritaires se poursuivront jusqu’à ce qu’il ne reste plus une personne armée là-bas», a-t-il dit.
Par ailleurs, sur les travaux concernant la rédaction d’une nouvelle constitution pour la Turquie, Davutoglu a critiqué l’approche du Parti Républicain du Peuple (CHP).
«Si vous mettez des conditions en amont des discussions, alors on ne peut pas parler de commission de consensus», a-t-il estimé, ajoutant: «Notre proposition concerne le système présidentiel. Vous pouvez défendre le système parlementaire. Apportez votre modèle sans mettre de conditions et débattons. L’important c’est l’esprit de cette constitution, les Droits de l’Homme, les libertés, la démocratie, le droit. Pour le modèle, nous demanderons au peuple de faire un choix.»
Davutoglu et Kalyoncu s’étaient retrouvé pour signer l’accord sur le Transfert d’eau et sa Gestion, dans le cadre du projet turc d’acheminement de l’eau à la République turque de Chypre Nord, via un réseau sous-marin.
Pour conclure, Davutoglu a commenté les déclarations de la partie grecque de l’İle, qui avait annoncé ne pas reconnaître cet accord entre la Turquie et la partie turque de Chypre.
«De toute façon, nous ne reconnaissons pas cet Etat, dans ce contexte, cette déclaration n’a pas beaucoup de valeur», a dit le Premier ministre.