İlhan Toprak,Tuncay Çakmak
18 Mars 2016•Mise à jour: 19 Mars 2016
AA - Canakkale - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a très sévèrement critiqué la complaisance de la Belgique et des Européens en général face aux agissements du PKK dans les villes et capitales européennes, reprochant aux dirigeants européens leur manque de sincérité et leur double discours.
Le Président turc s’est exprimé sur la question, vendredi depuis Canakkale, ville symbole de la victoire des Dardanelles (nord-ouest) du 18 mars 1915, où il participait à la commémoration des martyrs de la guerre.
Erdogan a très violemment réagi à l’installation d’une tente par le PKK et sa banche syrienne le PYD/YPG derrière l’immeuble du Conseil Européen à Bruxelles.
"La Belgique autorise que le morceau de tissu qu'ils [le PKK] appellent drapeau flotte là-bas. Ils ne sont pas sincères, ils tiennent un double-discours. Aujourd'hui, ils ont supprimé les drapeaux et les banderoles, mais qui croient-ils abuser? La Turquie et le peuple turc ne peuvent être abusés. Ils [les Européens] sont prisonniers du terrorisme", a-t-il affirmé.
«Comment un pays de l’Union Européenne, la Belgique, peut autoriser que le PKK s’installe au centre de la capitale européenne alors que l’UE reconnaît qu’il s’agit d’une organisation terroriste ?", a-t-il lancé.
«De cette manière, ils ont autorisé les auteurs de l’attentat d’Ankara à faire un show dans le cœur de l’Europe», a-t-il ajouté.
"Il n'y a aucune raison pour que les bombes qui explosent au centre d'Ankara n'explosent pas au centre de Bruxelles ou d'une autre ville en Europe. Malgré cela ils agissent avec irresponsabilité. Ils dansent dans un champ de mines. Vous ne pouvez pas savoir quand vous marcherez sur une mine. C'est une fin inévitable", a-t-il affirmé.
Le Président turc a prévenu les pays européens qu'ils «nourrissent dans leurs bras le serpent qui les mordra plus tard».
Erdogan a demandé que les pays européens et occidentaux fassent preuve de plus d’empathie envers la Turquie, tout en affirmant que la lutte de la Turquie contre le terrorisme se fait dans le respect des droits humains et de la démocratie.
«Si la France, l’Angleterre et les Etats-Unis étaient confrontés à la même situation, leurs mesures seraient beaucoup moins respectueuses des libertés individuelles et de la démocratie», a-t-il estimé.
"En tant que peuple, nous pouvons combattre sans peur tous ceux qui s'opposent à nous ouvertement et directement, quelles que soient leurs forces. Mais le combat contre le terrorisme, qui nous attaque de manière odieuse, sournoise et inhumaine, est beaucoup plus difficile", a-t-il poursuivi.
Le Chef de l’Etat a ensuite critiqué l’attitude de ceux en Turquie, politiques, journalistes ou académiciens qui soutiennent les terroristes.
Il a dénoncé le soutien du Parti démocratique des Peuples (HDP) au PKK, ajoutant même que celui-ci n’hésite pas à inviter la population à la violence, comme cela avait été le cas en octobre 2014.
Le Président turc est, par ailleurs, longuement revenu sur la bataille des Dardanelles et la victoire du 18 mars 1915 contre les navires des puissances occidentales.
Il a estimé que le combat actuel de la Turquie contre le terrorisme porte la même symbolique que la guerre des Dardanelles.
La bataille des Dardanelles, également appelée bataille de Gallipoli est un affrontement ayant opposé durant la Première Guerre mondiale (25 avril 1915 - 9 janvier 1916) l'Empire ottoman aux troupes britanniques et françaises dans la péninsule de Gallipoli dans l'actuelle Turquie.