AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
La possibilité de l'acheminement du gaz russe vers la Grèce et l'Italie à travers la Turquie pourrait faire de ce pays un véritable pays de transit en énergie, selon l'agence de notation internationale Fitch.
Fitch Ratings a publié un rapport jeudi sur la déviation du gazoduc South Stream, qui devait transporter le gaz russe, en traversant la Bulgarie, vers l'Autriche et l'Europe du Sud.
Le président russe Vladimir Poutine a annoncé lundi 1er décembre, lors de sa visite en Turquie que le gazoduc reliera désormais la Russie à la Turquie.
Le nouveau gazoduc aura une capacité annuelle de 63 milliards de mètres cubes, soit le même niveau que ce qui était prévu pour le projet initial.
Fitch a souligné que la transformation de la Turquie en un pays de transit en énergie dépend de la demande du gaz naturel supplémentaire en Italie et en Grèce.
Gazprom, opérateur principal russe du South Stream, offrira par ailleurs une réduction de 6% sur le prix du gaz russe acheminé vers la Turquie dans le cadre de l'accord, pourtant le taux d'escompte risque de varier.
Selon Fitch, le projet de South Stream augmenterait la dépendance de la Turquie à Gazprom, qui a fourni, en 2013, 59% de la consommation annuelle du gaz en Turquie.
L'agence de notation a estimé, entre autres, que la décision de la Russie de dévier le gazoduc South Stream serait aussi liée à la faible volonté des Européens qui souhaitent réduire leur dépendance vis à vis du gaz russe.
Le projet de South Stream n'avait pas initialement obtenu l'accord de l'Union Européenne, malgré le souhait de ses membres de l'Europe centrale et méridionale qui avaient l'intention de sécuriser leur approvisionnement en énergie.