AA - Ankara - Nur Gülsoy
Les téléphones cryptés n'auraient pas pu être mis sur écoute sans une coopération entre la police, le Conseil de la recherche scientifique turc (TUBITAK) et la Présidence de la Communication et des Télécommunications (TIB), d'après le ministre turc de la Science, de l'Industrie et de la Technologie, Fikri Isik.
Le ministre Isik s'est exprimé mardi devant les journalistes, au siège du Parlement, à propos de l'opération menée contre l'organisation parallèle.
"Il est impossible de mettre sur écoute les téléphones cryptés, à moins qu'il n'y ait une collaboration entre la police, le TUBITAK et la TIB, a-t-il déclaré. Et voici qu'on comprend qu'il s'agit d'un réseau [organisation parallèle]."
Le Parquet de Golbasi de la République avait lancé, mardi, une nouvelle opération dans quatre villes dont la capitale Ankara, contre "l'organisation parallèle" et les "allégations de mise sur écoute illégale".
"Visiblement, il s'agit d'une organisation infiltrée dans toutes les institutions de l'Etat, a insisté Fikri Isik. Cela n'était pas inconnu, mais on jugeait peu probable qu'elle s'implique dans de sales affaires, une erreur visant la sécurité de l'Etat. Ils ont mis sur écoute le personnel important travaillant sur les projets militaires au sein du TUBITAK. Ils ne se sont pas interessés aux recherches chimiques mais militaires."
Des représentants du gouvernement turc accusent certains procureurs, employés de la police et des bureaucrates d'être en relation avec l'organisation parallèle pour des buts d'espionnage. Cette organisation dirigée par le mouvement de Fethullah Gülen - personnalité religieuse en exil volontaire aux Etats-Unis - aurait infiltré l'Etat turc afin de renverser le gouvernement. Elle aurait aussi pris pour cible le gouvernement avec l'affaire de corruption du 17 décembre, dont quatre anciens ministres font l'objet.