Ayşe Betül Gedikoğlu
25 Février 2016•Mise à jour: 26 Février 2016
AA - Ankara - Ayse Betul Gedikoglu
Le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré que de sérieuses contradictions sont constatées dans l'attitude adoptée par les Etats-Unis d'Amérique vis-à-vis du YPG [ branche syrienne du PKK].
Cavusoglu était l’invité, jeudi, du "Forum des Editeurs" de l’agence Anadolu où il a une fois de plus, rappelé, que la Turquie a toujours défendu une solution politique en Syrie.
Cavusoglu s'est exprimé concernant l’attitude des Etats-Unis au sujet du YPG en lançant : "Les Etats-Unis affichent une sérieuse contradiction vis-à-vis du PYD. C'est une grave erreur que de compter sur une organisation terroriste pour combattre une autre organisation terroriste."
Le ministre a rappelé que le Groupe de Soutien International à la Syrie, s’était réuni à Munich, le 12 février dernier, et avait publié une Déclaration commune pour l’arrêt des combats en Syrie, l’acheminement des aides humanitaires dans les zones assiégées et l'entame de négociations politiques pour un cessez-le-feu permanent.
A la suite de la réunion, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, avait, à maintes reprises, contacté Cavusoglu pour le tenir informé des développements.
Cavusoglu a rappelé que, selon l’accord du cessez-le-feu, les combats devraient cesser dans la nuit du 26 au 27 février courant.
"Nous attendions ce processus. Cependant, ce qui est primordial ici, c’est l'application de l'accord", a-t-il relevé.
"Auparavant, le régime d’Al-Assad et la Russie n’ont pas respecté les décisions prises concernant la Syrie. L’accord trouvé entre la Russie et les Etats Unis est une garantie que la Russie cessera ses bombardements. Ceci est très important", a poursuivi le chef de la diplomatie turque.
Il a néanmoins tenu à rappeler que "l’échec du processus de Genève était notamment du au fait que la Russie n’avait pas cessé ses opérations aériennes".
"C’est pourquoi, nous estimons que ces derniers développements sont positifs et nous les encourageons. Mais nous demeurons tout de même prudents, dès lors que nous voulons voir l’exécution des décisions sur le terrain", a-t-il dit.
A la question d’un journaliste : "Pensez-vous que les opposants ont fait une concession en acceptant cet accord?", Cavusoglu a rétorqué : "Non, car l’opposition veut aussi une mutation politique Syrie. L’opposition ne veut pas, comme le PYD, le YPG ou Daech, contrôler une partie de la Syrie et former son propre gouvernement.»
Cavusoglu a estimé que "les propos de John Kerry concernant un 'Plan B' en cas d’échec du cessez le feu ne relève pas d’une stratégie de division mais se veut un signal pour attirer l’attention sur un réel risque de division.
Le ministre turc a, par ailleurs, ajouté que "l’objectif de la Turquie dans le Groupe de Soutien à la Syrie ne consiste pas à livrer les terres syriennes à une quelconque partie, mais plutôt à préserver l'unité territoriale de la Syrie".
Evoquant les relations établies par la Turquie avec l’Egypte, le ministre a relevé que «Nous rencontrons des responsables égyptiens dans de nombreuses instances internationales et la présence de l’Egypte à la Conférence de l’OCI à Istanbul doit être comprise comme étant une participation à une réunion internationale».
« Il ne s’agit pas d’entretiens bilatéraux, bien que nous n’avons pas de réserves à effectuer pareils entretiens», a-t-il assuré.
Cavusoglu a conclu en lançant : «Nous voulons une Egypte forte mais à cause de sa situation interne actuelle, elle ne peut pas offrir l’appui escompté. Le rôle égyptien est important pour la région tout entière».