AA - Istanbul - Nur Gülsoy
L'ambiguïté politique en Turquie peut avoir un effet négatif sur le profile de risque à moyen terme, selon l'agence de notation financière, Fitch Ratings.
Le communiqué diffusé vendredi sur le site de l'agence indique que les élections législatives anticipées prévues pour le 1er novembre peuvent prolonger l'ambiguïté politique au lieu d'y mettre un terme, ce qui peut, en outre, augmenter les difficultés pour la politique intérieure et extérieure de la Turquie.
"Cette ambiguïté a coïncidé avec la fin du processus de résolution et le lancement des opérations militaires en Syrie, a déclaré Fitch. Cela peut avoir un résultat négatif sur le profile de risque du pays à moyen terme. Les inquiétudes vis-à-vis du risque politique, de l'activité du gouvernement et de la prévisibilité politique, font pression sur la note de crédit du pays. Le processus électoral qui s'est prolongé et le lourd calendrier électoral entre 2013 et 2015, ont nui à la performance économique."
Le processus de résolution a été lancé au début de l'année 2013, par un cessez-le-feu conclu entre le gouvernement turc et le mouvement PKK, classé "organisation terroriste". Le gouvernement a promis des réformes démocratiques pour renforcer les droits de la population kurde.
- Processus depuis les élections législatives du 7 juin
Le peuple turc avait élu, le 7 juin dernier, les 550 députés de la 25ème législature, et aucun parti n'a obtenu la majorité absolue pour former un gouvernement tout seul.
Le Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti) de Ahmet Davutoglu avait obtenu le plus grand nombre de sièges au Parlement.
Le 9 juillet dernier, le président Recep Tayyip Erdogan avait chargé le Premier ministre Davutoglu de mener des négociations avec les autres partis représentés au parlement pour former un gouvernement, et ce jusqu'au 23 août, dans le délai légal de 45 jours.
Davutoglu s'est entretenu dans un premier temps, avec le président du Parti républicain du peuple (CHP), Kemal Kilicdaroglu, puis avec le président du Parti d'action nationaliste (MHP), Devlet Bahceli, et, enfin, avec le co-président du Parti démocratique des peuples (HDP), Selahattin Demirtas.
Le Premier ministre a ensuite eu des entretiens avec Kilicdaroglu et Bahceli, en vue d’examiner une formule gouvernementale, y compris une coalition.
Les entretiens n'ont pas abouti, et Davutoglu a déclaré que les conditions n’étaient pas propices, en Turquie, pour une coalition gouvernementale.
Davutoglu a rendu, le 18 août, le mandat que le président lui avait confié, cinq jours avant la fin du délai légal.
Durant cette dernière période, la livre turque a connu une forte baisse face au dollar américain et à l'euro.
Erdogan a consulté le président du Parlement, Ismet Yilmaz, sur une formule, et a décidé d'élections législatives anticipées.
Davutoglu a été chargé mardi, par le président de la République, Recep Tayyip Erdogan, de former le gouvernement électoral provisoire dans un délai de cinq jours.
Le Premier ministre a alors adressé mercredi, des courriers individuels à plusieurs députés des partis de l’opposition, leur proposant des postes de ministres.
La composition du nouveau gouvernement provisoire devra être annoncé vendredi soir.