AA - Ankara - Nur Gülsoy
L'approche du président turc Recep Tayyip Erdogan est vitale pour le processus de résolution, dont il est l'auteur, a déclaré le vice-Premier ministre Yalcin Akdogan, s'exprimant devant les journalistes au bureau du Premier ministre, mercredi à Ankara.
Des représentants du gouvernement turc avaient annoncé la mise en place d'un Comité d'observation qui sera chargé d'observer les entretiens d'Abdullah Ocalan, dirigeant incarcéré du PKK. Par la suite, le président Erdogan s'est opposé à cette initiative, et déclaré n'avoir pas été renseigné sur le sujet, et avoir été informé par la presse.
Certains médias avaient considéré cette remarque comme un signe de divergence entre le chef de l'Etat et le gouvernement. Certains sont même allés jusqu'à dire que le président s'opposait au processus.
"S'il y a un manque de renseignement [du président] concernant le procesuss de résolution, c'est de notre faute et nous le comblerons, a déclaré Akdogan. Les paroles de notre président sont, dans ce cadre, des ordres. Erdogan n'est pas quiconque. Notre président de la République est aussi le président fondateur du Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti) et le chef de ce mouvement politique. Son approche est vitale pour le processus."
"Les affirmations de Demirtas [co-président du Parti démocratique des peuples, HDP - opposition] et du mont Kandil ne conviennent pas à l'esprit du processus de résolution, a poursuivi le vice-Premier ministre. Elles ne conviennent pas aux points sensibles du stade que nous avons atteint. Le président de la République est l'auteur de ce processus et on ne peut pas accepter une approche conflictuelle envers lui. Une telle approche ne sera pas profitable pour le processus non plus. Personne ne peut montrer le président comme s'il s'opposait au processus."
"AK Parti est une grande famille et un mouvement de sagesse, selon Akdogan, et les polémiques ou erreurs personnelles ne peuvent pas nuire à cette grande structure. Le succès d'AK Parti aux prochaines élections est important non seulement pour la durabilité de la confiance et de la stabilité, mais aussi pour la réussite du processus de résolution, ainsi que l'adoption d'une nouvelle Constitution turque."
Akdogan a abordé ainsi le besoin pour la Turquie d'adopter un nouveau régime politique.
"J'avais déjà dit qu'avec l'élection du président par le peuple, le processus de résolution en pourra pas avancer dans le système actuel, a-t-il affirmé. Il y a donc un problème de système, indépendamment des personnes."
Le président Erdogan et d'autres dirigeants turcs avaient insisté plusieurs fois sur la nécessité d'adopter un régime présidentiel, estimant que le régime actuel, parlementaire, ne fonctionne plus convenablement.