Kadir Karakuş,Tuncay Çakmak
07 Février 2017•Mise à jour: 07 Février 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a exprimé sa confiance quant à la victoire du OUI au prochain référendum constitutionnel qui devrait avoir lieu au mois d’avril prochain.
Le chef du gouvernement s’est exprimé, mardi, lors de la réunion de groupe de sa formation politique, le Parti de la Justice et du Développement (AK Parti), au parlement turc.
Le prochain référendum concernant la réforme constitutionnelle proposée par son parti, et soutenu par le parti d’opposition Parti d’Action Nationaliste (MHP), a été le principal sujet qu’il a abordé.
Il a d’abord souhaité rappeler les événements qui ont incité le gouvernement à vouloir réformer « le système de gouvernance » en Turquie, et « non le régime », comme certains l’affirment.
"Dans le passé, notre pays a subi de très lourdes conséquences quand aucun parti n’avait la majorité parlementaire et qu’il devait former des coalitions pour pouvoir gouverner. Ces nombreuses périodes d’instabilité politique ont coûté chers à notre pays et à notre économie", a-t-il dit.
"En 2007, alors que nous avions une large majorité au parlement avec 363 députés, le parti d’opposition principal (Parti Républicain du Peuple CHP), a détourné le droit (décision de la Cour Constitutionnelle très controversée) pour nous empêcher de désigner notre président de la République. C’est cette affaire qui a tout amorcé", a-t-il rappelé.
Suite à cela, la constitution a été réformée et depuis 2014, le président de la République est élu au suffrage universel direct.
"Cette nouvelle réforme va permettre d’accorder le système de gouvernance avec la fonction de président directement élu par le peuple", a-t-il expliqué.
"Je suis convaincu que l’année 2017 sera l’année qui illuminera l’avenir de notre pays. Je crois fermement que ce référendum ouvrira la voie à une Turquie plus forte", a-t-il ajouté.
Dans cette optique, le chef du gouvernement a appelé tous les cadres locaux, régionaux, nationaux et tous les bénévoles de l’AK Parti à mener une campagne pour le OUI, en "frappant à la porte de chacun des citoyens turcs".
Binali Yildirim a ensuite critiqué les déclarations et la politique du principal parti d’opposition, le CHP.
Ce dernier mène une campagne pour le NON, s’opposant à la réforme proposée, et affirmant que celle-ci «changera le régime» en Turquie.
"Le débat sur le régime a été clos il y a 93 ans. Notre régime c’est la République de Turquie. C’est un état de droit, laïc, démocratique et social. Faire croire autre chose est de la pure désinformation. Cette réforme ne change seulement que la manière de gouverner, rien d’autre", a-t-il encore une fois répété.
"L’autre jour, j’ai dit que simplement parce que les organisations terroristes PKK et FETO s’opposent à cette réforme, il est nécessaire de dire OUI. Alors que j’attends une réponse de ces dernières, c’est le leader du CHP qui intervient. Il est évident qu’ils sont sur le même bateau. Ce n’est pas en vous rapprochant du PKK et de FETO que vous obtiendrez le soutien du peuple", a-t-il dénoncé.
Le Premier ministre a insisté sur le fait que les opposants au référendum constitutionnel essaient de provoquer une fracture sociale en faisant du référendum une question « de vie ou de mort », et en lui attribuant une importance disproportionnée.
"Il n’en est rien ! Notre peuple ne se laisser pas berner par de tels propos. Ce n’est qu’un référendum, et quel que soit le résultat, nous le respecterons", a-t-il encore dit.
Pour conclure, le chef du gouvernement s’est félicité du la baisse du cours du dollar américain face à la monnaie turque.
"Ceux qui parlaient de grave crise économique quand le dollar valait 4 Livres turques, se taisent aujourd’hui alors qu’il est passé en dessous de 3,70 Livre turque", a-t-il critiqué.