AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le processus de résolution ne signifie pas concéder ou compromettre, a assuré le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Le chef de l'Etat turc s'est exprimé lors du 4ème Conseil des commerçants et des artisans, mercredi à Ankara.
Le processus de résolution a été maintenu malgré toutes les tentatives de sabotage depuis un an et demi, et les événements de 6-7 octobre étaient destinés à provoquer une tension.
"Ne croyez pas aux légendes et rumeurs inventées sur le processus, a déclaré Erdogan. Les limites, le cadre, les marges de cette affaire sont bien fixés. Ceci n'est pas un processus de concession ou de négociation. Les armes seront abandonnées et tous les problèmes seront discutés dans un cadre politique. La République de Turquie ne permettra aucune autre méthode."
"Tous ceux qui souhaitent faire partie du processus et y contribuer, sont les bienvenus, a-t-il aussi assuré. Mais le peuple turc d'abord, puis l'Etat, répliqueront à ceux qui ont l'intention de saboter, de terroriser et de menacer [le processus]. Notre peuple ne tolère pas l'opportunisme, l'insolence et les demandes insensées. Nous n'avons pas mis en oeuvre ce processus pour plaire à certains, mais pour assurer la paix et la fraternité des 77 millions de citoyens. (...) Ils sont descendus dans la rue sous prétexte de soutenir Kobani et ont massacré près de 50 personnes dont des citoyens kurdes. Ceux qui mettaient les rues en feu alors, parlent-ils d'Alep aujourd'hui?"
Le processus de résolution a été lancé au début de l'année 2013, par un cessez-le-feu conclu entre le gouvernement turc et le mouvement PKK, classé "organisation terroriste". Le gouvernement a promis des réformes démocratiques pour renforcer les droits de la population kurde qui représente 18% de la population totale.
Le dialogue était entré dans une période difficile avec les manifestations des 6-7 octobre dernier, quand le co-président du Parti démocratique des peuples (HDP-opposition) avait appelé le peuple à poursuivre les manifestations sous prétexte de soutenir Kobani. Les heurts entre différents groupes avaient fait des dizaines de victimes.
Le président Erdogan a aussi averti contre l'organisation parallèle.
"C'est de notre devoir d'avertir nos amis et confrères africains au sujet de cette organisation furtive, a-t-il dit. Car son activité cachée derrière des masques menacerait nos pays amis. Nous poursuivrons notre lutte contre cette organisation qui porte atteinte à la sécurité nationale de la Turquie".
Le chef d'Etat turc a en outre insisté sur l'importance de l'ouverture d'un pays à l'extérieur, aussi bien dans le domaine politique qu'économique, rappelant que le revenu national et l'exportation ont plus que triplé en Turquie qui est devenue, à son tour, un pays donneur au sein du Fonds monétaire international.
"C'est possible de se taire devant l'Egypte, la Palestine, la Syrie et l'Irak, c'est un choix, a-t-il dit. Nous aurions pu demeurer muets et ignorer la situation, comme l'a fait l'Europe. Mais alors, on ne deviendrait pas un Etat puissant."