AA – Istanbul – Naz Altinsoy
Suite au retour d’un premier contingent de 36 ouvriers turcs travaillant en Libye pour des raisons de sécurité, les 396 autres sont également rentrés en Turquie dans la nuit du lundi.
Les ouvriers ont été transportés à bord d'un avion de la compagnie aérienne Turkish Airlines sur instructions du ministère turc des Affaires étrangères.
Isa Ozinan, représentant de la société turque ENKA a indiqué aux journalistes que leur entreprise dispose de cinq chantiers établis sur diverses zones en Libye et qu’ils ont donné la priorité à l’évacuation de leurs ouvriers situés dans les zones de conflit.
Ozinan a noté que les affrontements ont éclaté entre deux clans il y a deux semaines, à propos du partage du pétrole.
"Au moment où nous avons été informés des affrontements, nous avons décidé d’évacuer notre personnel", a-t-il annoncé.
"Nous sommes partis vers le sud à la frontière avec l’Algérie pour retrouver l’aéroport de Ghat. Les bus nous transportant étaient en retard, nous avons donc attendu jusqu’à dimanche dans les hôtels à Misrata (ville libyenne située à 200 km de Tripoli)", a-t-il raconté.
"L’aéroport de Ghat étant un aéroport de transit, les moyens étaient limités. Il n’y avait évidemment pas de buffets, nous avons séjourné à l’aéroport. C’était très inconfortable mais nous ne sommes pas confrontés à une intervention armée", a ajouté Ozinan.
Il a indiqué qu’Ismet Yalcin, un des ouvriers, âgé de 50 ans, a perdu sa vie suite à une crise cardiaque survenue alors qu’ils attendait à l’aéroport de Gath.
"Nous entendions les bruits des affrontements mais nous n’en avons témoigné aucun. Personne ne nous a contraint à quitter le pays. Personne d’entre nous n’est restée, nous sommes tous rentrés", a relaté l’ouvrier Hakan Oyar.