Yeşim Sert Karaaslan
17 Novembre 2015•Mise à jour: 18 Novembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a déclaré qu’au lendemain des attaques de Paris, tant les hommes politiques que l’opinion publique européenne et mondiale doivent afficher une détermination commune contre toute forme de terrorisme sans distinction.
Kurtulmus a commenté, lundi soir, l’actualité en Turquie et dans le monde lors d’une interview télévisée sur la chaîne publique turque TRT Haber.
«Tant les politiques européens que l'opinion publique européenne et mondiale, doivent prendre la lourde responsabilité de s’opposer de manière déterminée au terrorisme», a-t-il dit.
«Il faut mettre fin aux distinctions entre les différents groupes et s’opposer sincèrement à toute forme de terrorisme. Et pour ça, il faut mener une lutte globale», a-t-il encore dit.
Le vice-Premier ministre s’est longuement exprimé sur les risques d’amalgame et d’islamophobie après les attentats de Paris.
«La peur de l’Islam existe depuis des siècles en Occident, mais celle-ci s’est politisée après les attentats du 11 septembre, a-t-il expliqué. Certains politiques et autres milieux influents cherchent à associer Islam et terrorisme.»
Pour Kurtulmus, ce phénomène, qui crée des failles et des fossés entre les individus à travers de nombreuses sociétés, est très bien utilisé par les organisations terroristes qui jouent sur ce créneau.
«Heureusement, jusqu’à présent, aucun événement facheux et notable n'a été vécu, ni en Europe ni aux Etats-Unis, entre les populations musulmanes et non musulmanes», a-t-il ajouté.
Kurtulmus s’est félicité des messages «responsables» du Président français, François Hollande, qui selon lui, n’est pas tombé dans le piège de ceux qui veulent une guerre des civilisations.
Quant à la lutte contre le terrorisme, le vice-Premier ministre turc a expliqué qu’elle ne pourra être efficace que si les puissances mondiales abandonnent en même temps, les politiques agressives .
«Voyez en Syrie, aujourd’hui, pratiquement toutes les grandes puissances bombardent ce pays, ce qui rend le terrain propice au développement d’organisations terroristes comme Daesh», a-t-il affirmé.
Kurtulmus estime que la seule solution pour mettre fin au conflit en Syrie, c’est une solution politique démocratique sans Bachar al-Assad.
Par ailleurs, Numan Kurtulmus a rappelé une nouvelle fois toute la détermination du gouvernement turc a lutter jusqu’au bout contre toute forme de terrorisme, tout particulièrement contre le PKK, sans pour autant négliger la démocratisation du pays.
Enfin, Kurtulmus s’est félicité de l’organisation du sommet du G20 sous la Présidence de la Turquie, rappelant l’objectif du gouvernement de faire partie des dix plus grandes économies du monde à l’aube du centenaire de la création de la République en 2023.