AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a annoncé que le vice-président américain Joe Biden et le secrétaire d'Etat américain John Kerry sont favorables à son idée d'inclure les figures politiques et à accélérer le processus de la formation et de l'équipement de l'opposition syrienne.
Rappelant que les Etats-Unis et la Turquie avaient déjà fixé un cadre politique pour le programme et entamé les pourparlers au niveau des responsables militaires, Cavusoglu a indiqué que les détails se préciseront au fur et à mesure des rencontres entre les responsables concernés des deux pays.
Cavusoglu s'est exprimé lundi à l'issue d'une réunion avec le ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce, Peter Szijjarto. La rencontre a été l'occasion de revoir le Haut conseil de coopération stratégique entre les deux pays et d'aborder la visite du président de Hongrie, Janos Ader, au courant des prochains mois en Turquie, ont fait savoir les deux ministres.
''La politique d'ouverture de Hongrie vers l'est coïncide avec notre politique active de commerce extérieur'', a souligné le ministre turc.
Le ministre hongrois Szijjarto a indiqué de son côté que la Hongrie considère ''la Turquie comme un partenaire important de l'Union européenne (UE) et soutient tout type de négociations entre l'Union et la Turquie''.
Affirmant que l'UE a perdu une part considérable de sa compétitivité au courant des dernières années, Szijjarto a affirmé que l'Union a l'obligation de travailler de près avec les pays qui connaissent une forte croissance économique, dont la Turquie.
Cavusoglu a remercié à cet égard le gouvernement hongrois de son soutien ''sans réserve'' à l'adhésion de la Turquie à l'UE.
Les deux pays œuvreront par ailleurs à porter le volume du commerce bilatéral à 5 milliards de dollars et examinent des nouvelles voies de coopération sur les politiques d'énergie à la suite de l'annulation par la Russie du projet de gazoduc South Stream en décembre, ont poursuivi les deux chefs de la diplomatie.
Lors de la visite du président russe Vladimir Poutine à Ankara au début du mois de décembre dernier, la Russie et la Turquie avaient convenu de construire un nouveau carrefour énergétique à la frontière turco-grecque pour remplacer le South Stream, le projet qui prévoyait l'approvisionnement de l'Europe en gaz naturel russe à travers la Bulgarie.
Interrogé sur le résultat des élections législatives en Grèce tenues dimanche, le ministre turc a rappelé ses ''échanges positifs'' avec Alexis Tsipras, le chef de SYRIZA [Coalition de la gauche radicale], parti vainqueur des élections, lors de la réunion du Haut conseil de coopération stratégique entre les deux pays. Lors de cette rencontre organisée début décembre à Athènes, les deux parties avaient abordé entre autres l'exploration du gaz naturel aux larges du Chypre et les pourparlers entre les parties turque et grecque de l'île.
''Nous souhaitons travailler ensemble avec la Grèce en vue d'apaiser les tensions dans la région et de reprendre les pourparlers [sur le Chypre]. SYRIZA avait exprimé la même volonté. Nous estimons ainsi qu'il soutiendra ce processus'', a affirmé Cavusoglu.