Lassaad Ben Ahmed
19 Juin 2018•Mise à jour: 20 Juin 2018
AA / Tunis / Lassaad Ben Ahmed
La question migratoire et la stabilité financière de la zone Euro étaient au cœur des discussions entre la France et l’Allemagne à l’occasion de la tenue du Conseil franco-allemand tenu, mardi au château Baroque de Meseberg, près de Berlin.
Lors d’une conférence de presse conjointe, tenue à cette occasion, la chancelière allemande Angela Merkel et le Président français Emmanuel Macron ont exprimé leur convergence de points de vue au sujet de l’accueil des migrants sur le sol européen, mais aussi au sujet de la stabilité économique et financière de la zone euro.
A propos de migration, la chancelière allemande a déclaré que «Nous avons besoin d’une réponse européenne. Nous développerons une culture commune mais aussi des missions harmonisées pour les forces armées».
A ce propos, Macron a évoqué la nécessité de renforcer les frontières européennes, précisant que « Nous pouvons faire avancer l’Europe en la rendant plus souveraine et plus unie».
Macron est allé jusqu'à évoquer la possibilité de créer une police européenne des frontières "de dix mille hommes" par exemple.
Il a présenté, à cet effet une stratégie en rois axes, à savoir, «Travailler avec les pays d’origine et de transit (…), une meilleure protection des frontières et la mise en place d’un système de solidarité efficace dans la gestion des flux migratoires».
Il a évoqué au passage la question du développement dans les pays de la rive sud.
Le même principe de souveraineté et d’unité a été également avancé pour la zone Euro.
Macron et Merkel se sont accordés sur plusieurs questions relatives au renforcement de la stabilité financière et économiques des pays-membres de l'euro (19 pays).
« Nous devons être plus compétitifs », a lancé la chancelière allemande.
«La convergence est encore insuffisante ne zone euro », a-t-elle constaté, insistant sur le fait qu’il faut « rendre la zone euro résistante aux crises». «Dans l’union bancaire, nous devons réduire les risques », a-t-elle poursuivi.
Pour l’objectif de stabilité financière, Macron a souligné la nécessité de «réviser nos instruments, de sorte que lorsqu’un pays fait face à un choc, il faut qu’il y est un mécanisme de réponse ».
A propos de la finalisation de l’union bancaire, Macron a noté la nécessité d'«un engagement politique et un travail technique au niveau ministériel». Il a évoqué, dans ce contexte, la nécessité de créer un fonds européen qui intervient au moment voulu.
Il a conclu qu’en matière de sécurité (et de migration) comme en matière financière : «Nous répondons avec plus de souveraineté, plus d’unité et de convergence de points de vue», parlant de l'ouverture d'une nouvelle page entre la France et l'Allemagne, mais aussi dans le projet européen qu'il a qualifié de projet "civilisationnel".
Pour rappel, cette réunion intervient à moins de dix jours du Conseil de l’Europe qui doit avoir lieu les 28 et 29 juin. Elle aurait, ainsi, permis aux deux pays fondateurs de l'Union européenne de s'accorder sur une position commune.
Cette réunion intervient également suite à un incident diplomatique entre la France et l’Italie au sujet de l’Aquarius. L’Italie avait refusé la semaine dernière d’accueillir ce navire transportant 630 migrants illégaux, acheminés finalement vers le port de Valence en Espagne.