AA/Ankara (Turquie)
"Offenser une religion, quelle qu’elle soit, procède d'une vision faussée de la liberté d’expression et n’est pas un signe de modernité", a déclaré, vendredi, le vice-Premier turc, Yalcin Akdogan.
Akdogan a déclaré à une chaîne de télévision turque que son pays rejetait toute forme de violence et de terrorisme et que la Turquie avait adopté une position ferme face aux récentes attaques ayant fait dix-sept morts à Paris.
« Il s’agissait clairement d’une attaque terroriste et la Turquie a immédiatement réagi après les attaques » a déclaré Akdogan.
En parallèle, le vice-Premier turc a affirmé que les musulmans d’Europe s’inquiétaient de la montée de l’islamophobie.
« Les musulmans et autres étrangers en Europe commencent à s’inquiéter de l’impact de ces attaques sur leurs vies » a-t-il expliqué.
Le journal satirique français Charlie Hebdo a publié, le 14 janvier, sa première édition depuis la violente attaque contre ses bureaux, avec à la Une, la caricature d’un personnage ressemblant au prophète Mohamed.
Vêtu de blanc, avec un turban sur la tête, le personnage caricaturé avait la larme à l’œil et une pancarte « Je suis Charlie », sous le titre « tout est pardonné ».
Les caricatures ont également été publiées en six langues dans divers journaux à travers le monde, dont le quotidien turc « Cumhuriyet ».
« L’utilisation de techniques, telles que la caricature et la chronique, ne peut cacher la réalité des insultes et des crimes contre les croyances religieuses sacrées » a estimé Akdogan.
Le bureau du procureur en chef d’Istanbul a lancé une enquête en rapport avec deux chroniqueurs du Cumhuriyet accusés de « promouvoir la haine et l’hostilité publique et d’insulter les valeurs religieuses ».