AA - Diyarbakir
La multiplication des attaques terroristes du PKK dans le sud-est de la Turquie a fortement touché les secteurs du bâtiment et de l’immobilier, selon les professionnels du secteur qui enregistrent une dégradation du marché liée au contexte de violence.
Le Président des Associations des Experts et Commissionnaires Immobiliers de Diyarbakir (DIEM-DER), Mustafa Koc, a déclaré que le terrorisme touche tout d’abord la région du sud-est et que le secteur de l’immobilier pâtit de cette situation.
«Le nombre d’agents immobiliers dans la ville est passé de 800 à 200, a-t-il dit. Certains ont mis la clé sous la porte et d’autres se sont implantés ailleurs. Les particuliers vendent leurs maisons et les promoteurs ont mis de côté leurs projets de construction.»
Koc indique que le marché est submergé de biens en vente, alors qu’il n’a pas d’acheteurs.
D’après les professionnels, les acheteurs ne veulent pas prendre le risque d’investir dans la région devenue trop dangereuse. Alors que 40 appartements étaient vendus en moyenne chaque jour, c’est à peine deux appartements qui trouvent difficilement preneurs en 10 jours, depuis la reprise des attaques du PKK.
Les entreprises du bâtiment quittent petit-à-petit la région. Ce qui affecte encore plus l’emploi déjà bien difficile.
Le promoteur Bedirhan Akyol déclare que son entreprise devra quitter la région faute de clients, malgré ses trois chantiers en cours qui emploient près de 600 personnes.
«Pour que le secteur relève la tête, il faudrait que la violence cesse au plus vite, a-t-il expliqué. Nous serons bientôt forcés de vendre à perte. Les appartements qui étaient estimés à 180 000 TL (livre turque) se vendent à 150 000 TL. Ils n’ont pas su comprendre les bienfaits du processus de résolution.»
Ce constat des professionnels du bâtiment et de l’immobilier de Diyarbakir est largement partagé par leurs collègues des autres villes de la région.
A Batman, les agents immobiliers déclarent que les prix de l’immobilier ont baissé de 60% en quelques semaines. De nombreux biens sont en vente alors que les acheteurs se font rares, déplorent-ils.
«Une grave crise économique se profile dans notre région, affirment les promoteurs. De nombreuses sociétés sont parties. Il est urgent que le calme revienne et que le processus de résolution reprenne.»
A Mardin, autre ville importante du Sud-est, proche de la frontière syrienne, la situation du marché n’est guère différente. Des milliers d’appartements sont en vente et de nombreux projets de construction ont été stoppés.
Les professionnels de secteur font également le même constat à Siirt.
Tous espèrent la fin des affrontements et le retour au calme dans la région, appellent à l'arrêt des attaques du PKK et attendent la reprise du processus de résolution.