Wafae El Baghouani
10 Septembre 2026•Mise à jour: 10 Septembre 2026
AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
Le prix repère de vente du gaz (PRVG) en France augmentera de 6,3 % toutes taxes comprises (TTC) à compter du 1er octobre, en raison de la hausse des prix sur les marchés du gaz, a annoncé jeudi la Commission de régulation de l'énergie (CRE).
Le PRVG passera ainsi de 172,05 euros par mégawattheure (MWh) TTC au 1er septembre à 182,88 euros/MWh TTC au 1er octobre.
Selon le régulateur français, cette évolution résulte de l'augmentation des prix observée sur les marchés du gaz au mois d'août par rapport à juillet.
La CRE précise que seule la composante liée à l'approvisionnement évoluera au 1er octobre. Celle-ci repose à 80 % sur un indice lié aux contrats à terme mensuels et à 20 % sur un indice lié aux contrats à terme trimestriels, calculés à partir des cotations observées sur la plateforme européenne EEX.
Le prix repère comprend également les coûts liés à l'acheminement du gaz, notamment les tarifs de réseau et de stockage, ainsi que les taxes fixées par l'État.
Selon les estimations de la CRE, la hausse prévue en octobre entraînera un surcoût moyen de 5,28 euros TTC sur la facture mensuelle des consommateurs disposant d'une offre indexée sur le PRVG.
Les ménages ayant souscrit une offre à prix fixe ne sont, en revanche, pas concernés par cette hausse. Ils représentaient environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz à la fin de 2025.
Au 31 mars 2026, 10,31 millions de ménages disposaient d'un contrat de fourniture de gaz naturel en France.
Le régulateur estime par ailleurs que, si la situation reste globalement stable jusqu'à la fin de l'année, la facture annuelle moyenne de gaz en 2026 pourrait être environ 10 % supérieure à celle de 2025, soit un surcoût d'environ 120 euros TTC.
Le tarif réglementé de vente du gaz a pris fin en France le 1er juillet 2023. Depuis, la CRE publie chaque mois le PRVG afin d'aider les consommateurs à comparer les offres proposées par les fournisseurs.
Le PRVG ne constitue pas en lui-même une offre commerciale à laquelle les consommateurs peuvent souscrire, mais certaines offres disponibles sur le marché y sont indexées.
Le coût de l'énergie pèse sur les ménages
Cette nouvelle hausse intervient dans un contexte de fragilisation économique d'une partie des ménages français.
Selon la 20e édition du baromètre Ipsos-Secours populaire sur la pauvreté et la précarité, publiée jeudi, 26 % des Français se déclarent en situation de fragilité économique, soit une hausse de six points en un an.
La pression exercée par les dépenses énergétiques apparaît particulièrement importante. Une enquête Ipsos-Secours populaire consacrée à la précarité énergétique montre que 79 % des Français considèrent que leurs factures d'énergie représentent une part importante de leur budget familial. Pour près d'un Français sur six, leur poids est jugé « très élevé ».
Au cours des douze mois précédant l'enquête, 53 % des Français interrogés ont volontairement limité la température de leur logement à moins de 18 °C afin de réduire leur facture énergétique.
Plus d'un quart (26 %) déclarent également avoir renoncé à des dépenses essentielles, notamment dans l'alimentation ou la santé, afin de pouvoir payer leurs factures d'énergie domestique.
Les difficultés ne concernent pas uniquement le chauffage en hiver. Un tiers des Français interrogés déclarent avoir « souvent » ou « très souvent » éprouvé des difficultés à maintenir une température suffisamment fraîche dans leur logement durant l'été précédant l'enquête.
Parmi les Français confrontés à des difficultés énergétiques, 75 % déclarent subir au moins une conséquence négative sur leur santé ou leur bien-être, notamment de la fatigue, des troubles du sommeil, des douleurs articulaires ou des maladies plus fréquentes.
Cette précarité énergétique s'inscrit dans un contexte plus général de pression sur le pouvoir d'achat. Selon le baromètre Ipsos-Secours populaire, 40 % des actifs français estiment que les revenus tirés de leur travail ne leur permettent pas de couvrir l'ensemble de leurs dépenses, soit une hausse de dix points en un an, tandis que 18 % des Français déclarent vivre à découvert.
L'enquête sur la précarité énergétique a été réalisée par Ipsos auprès de 10 000 personnes âgées de 18 ans et plus dans dix pays européens, dont la France, entre le 6 mai et le 9 juin 2026, selon la méthode des quotas.