Analyse, Afrique

Présence militaire américaine en Afrique: Une base permanente et près de 5000 militaires

La préservation des intérêts et la prévention d'attaques, mobile principal

Mohamed Hedi Abdellaoui  | 30.10.2015 - Mıse À Jour : 31.10.2015
Présence militaire américaine en Afrique: Une base permanente et près de 5000 militaires

Tunis

 AA/ Tunis/ Mohamed Abdellaoui             

Les Etats-Unis qui viennent de décider le déploiement de 300 militaires américains au Cameroun pour lutter contre le terrorisme, entretiennent une présence militaire diversifiée sur le continent africain. Une base permanente et d'au moins 5 000 militaires au total constituent, en effet, l’essentiel d’une force américaine, selon un décompte établi par Anadolu.

D'ailleurs, faute de communication officielle des USA à ce sujet, des organes d'information internationaux, dont le site spécialisé "zone militaire opex 360.com" évoquent l'installation d'au moins douze bases américaines "secrètes" en Afrique, ces dernières années.

Commentant cette démarche, des experts ont indiqué à Anadolu que le terrorisme ne cessant d’affecter le continent, la préservation des intérêts américains et la prévention d'éventuelles attaques seraient à l’origine d’une telle mobilisation de la Maison Blanche.

Les USA reconnaissent officiellement une base militaire permanente américaine sur le continent, celle de Djibouti, . Elle a été installée en 2003, dans le cadre des réformes sécuritaires des Etats-Unis engagées après les attentats du 11 Septembre 2001. Mais aussi dans l’objectif de contrôler le flux commercial mondial depuis l'entrée sud du canal de Suez (Egypte) par où transitent 70% du pétrole exporté des pays du Golfe vers l’Europe et les Etats-Unis.

Selon un responsable du Pentagone cité par des médias internationaux, dont le magazine français Le Point, près de 3.200 militaires et civils  américains travaillent dans cette base, plaque tournante des activités militaires américaines dans la Corne de l'Afrique rongée par la piraterie.

 La base est notamment le point de départ d'opérations de drone contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) au Yémen, et contre les Shebab en Somalie.

  Selon d’autres rapports cités des sites militaires et stratégiques dont le site spécialisé "Sassapost.com", les Etats-Unis ont également déployé des troupes et des équipements militaires dans d’autres pays africains pour contrer divers groupes terroristes, dont le nombre total avoisine les 2000.

Il s'agit de 300 militaires et un avion de contrôle en Ouganda, 120 au Nigéria, 20 militaires en Somalie pour entraîner et fournir des conseils aux forces armées somaliennes,100 militaires au Niger et des troupes relevant du 18e régiment militaire américain pour la stabilisation du Sud Soudan ravagé par une guerre civile. Ils avaient aussi déployé à l'hiver dernier un large contingent de militaires - jusqu'à 2.800 au plus fort de l'opération - pour aider à lutter contre le virus Ebola en Afrique de l'Ouest.

 Sur un autre plan, il y a aussi le Commandement des États-Unis pour l'Afrique « Africom», un commandement unifié pour l'Afrique créé par le Département de la Défense des États-Unis en 2007.

La création de cette Institution, dont le siège sis à Stuttgart en Allemagne, a été précédée de polémiques sur les véritables intentions américaines en Afrique. Pour de nombreux observateurs, Africom est « l’expression de la volonté américaine d’établir des bases militaires sur ce continent ». Pour d’autres, ce commandement « s’inscrit dans le soutien américain au renforcement des capacités africaines de maintien de la paix amorcé depuis 1996 ».

L’Africom gère  de point de vue militaire les relations des Etats-Unis avec les 54 Etats africains, à l’exception de l’Egypte qui relève de la direction américaine centrale.

 Par ailleurs, faisant état d’une stratégie américaine très discrète vis-à-vis de l'Afrique, d’autres rapports cités par des sites et des revues spécialisés dont notamment  "zone militaire opex 360.com" soulignent que les Etats-Unis auraient également  établi pas moins de 12 bases militaires «secrètes» ces dernières années dans plusieurs pays du continent noir qui garedent toujours le silence à ce propos.

La plus en vue  est celle de Ouagadougou, au Burkina Faso. Cette base sert de point de départ pour survoler le nord du Mali, où sont actifs des groupes armés comme Al-Qaida au Maghreb Islamique « Aqmi », Ansar Dine et le Mouvement national de libération de l’Azawad « Mnla ».

  D’après la même source, d'autres bases auraient été installées en  Ethiopie, au Kenya et aux Seychelles, où ont été aménagées des sites pour les drones devant surveiller et frapper les combattants des groupes extrémistes en Somalie ou au Yémen.

Ainsi, le Pentagone y aurait installé une douzaine de bases « secrètes » afin de mener des missions de renseignement menées par des équipes de forces spéciales et des « contractors », c’est à dire des employés de sociétés militaires privées. 

Les Américains ont, du reste, réalisé entre 10 et 14 frappes de drones, et entre 8 et 11 opérations secrètes en Somalie depuis juin 2011, selon le Bureau of investigative journalism, une association américaine qui cherche à faire la lumière sur la guerre secrète des Etats-Unis contre l'extrémisme.

Philippe Hugon, universitaire spécialiste du continent africain à l’Institut supérieur des relations internationales et stratégiques « Iris » (Paris), qui s’exprimait à Anadolu par téléphone, a, à ce propos, déclaré : « les USA s'appuient sur des Etats pivots au niveau militaire. Ils donnent un appui logistique, drones, satellites, renseignement, transports ou des forces spéciales au sol, comme le dernier déploiement au Cameroun ».

Abondant dans le même sens, l’universitaire spécialiste en sécurité et défense également à l’Iris note pour sa part dans un entretien téléphonique à Anadolu que "les USA et la France coopèrent plus que jamais ensemble aujourd’hui en Afrique subsaharienne, en vue de relever les défis sécuritaires pesant sur le continent, après la prolifération des groupes extrémistes et d’autres groupes mafieux, cherchant le gain illicite" à travers les activités de contrebande. 

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