Nadia Chahed
15 Mai 2018•Mise à jour: 15 Mai 2018
AA/Mahamat Ramadane
Les condamnations africaines ont fusé mardi au lendemain du massacre perpétré par les soldats israéliens contre des civils palestiniens qui protestaient pacifiquement à Gaza contre l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem.
Le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a, ainsi, déploré "l'utilisation disproportionnée de la force par l'armée israélienne", fait qui "a entraîné la mort de dizaine des manifestants palestiniens, tandis que beaucoup d'autres ont été blessés".
Cité par le site "actualite-news.com", Mahamat a estimé que "la relocalisation de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem ne peut que renforcer les tensions dans la région et compliquer la recherche d'une solution durable au conflit israélo-palestinien"
Il a, par ailleurs, réitéré sa solidarité avec le peuple palestinien dans sa quête légitime d'un Etat indépendant et souverain avec Jérusalem-Est pour capitale, d’après la même source.
Condamnant "l’agression violente des forces armées israéliennes contre les manifestants palestiniens", le gouvernement sud-africain a rappelé dès lundi soir, son ambassadeur à Israël.
" Les victimes étaient en train de participer à des manifestations pacifiques contre l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, qui constitue une provocation et une violation du droit international", a déploré le gouvernement sud-africain dans un communiqué relayé par Radio France Internationale ( RFI).
Dans son message à l’autorité palestinienne ce mardi, Mohammed VI, le roi du Maroc, a exprimé à toutes les composantes du peuple palestinien, ses vives condoléances et sincère compassion suite aux pertes de ces vies innocentes survenues dans les territoires palestiniens, sous les balles des forces de l’occupation israélienne.
"Encore une fois, le monde « puissant » assiste, complice, à la tragédie génocidaire qu’Israël fait subir au peuple Palestinien. Encore une fois, le monde « faible » n’a que ses molles protestations pour exprimer son indignation. Mais, ce qu’il faut condamner ici, ce n’est pas l’attitude de l’état hébreu et son allié américain ; Non, ça il faut le combattre. Ce qu’il faut condamner c’est l’attitude lâche et insensible des pays dits musulmans.", s'est désolé, pour sa part, le député sénégalais Ousmane Sonko, dans un message publié ce mardi par le quotidien sénégalais SénéNew.
De son côté, le Tchad a qualifié ce massacre de "génocide".
" Le Tchad ne saurait rester indifférent face aux massacres perpétrés contre des manifestants pacifiques palestiniens par l’armée israélienne. Ce qui se passe dans la Bande de Ghaza est un génocide et le monde doit demander justice à ces innocents, victimes des barbaries de l’occupation", a déclaré, mardi, à la presse le porte-parole du ministère tchadien des Affaires étrangères, Ahamat Makaila.
Lundi, l'armée israélienne a perpétré un massacre contre les manifestants pacifiques à la frontière de la Bande de Gaza, où 60 personnes ont été tuées et plus de 2 770 autres blessées par des balles réelles, des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes.
Les manifestants protestaient contre le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem et commémoraient le 70ème anniversaire de la "Nakba" palestinienne.