Mariem Njeh
17 Mai 2026•Mise à jour: 17 Mai 2026
AA / Istanbul / Mariem Njeh
Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères iranien, et Jean-Noël Barrot, son homologue français, ont eu un entretien téléphonique au cours duquel ils ont « échangé et consulté sur les questions bilatérales, les derniers développements régionaux ainsi que les dynamiques diplomatiques en cours », selon une déclaration du ministre iranien publié dimanche.
Dans l'immédiat, ni Téhéran ni Paris n'ont fourni de précisions supplémentaires sur les sujets abordés lors de cet entretien.
Cet appel intervient dans un contexte de tensions croissantes autour du détroit d'Hormuz. Le ministère français des Armées affirme que la France « privilégie depuis le premier jour » une voie diplomatique face aux tensions au Proche et Moyen-Orient, avait déclaré Catherine Vautrin.
La ministre a précisé que France et Royaume-Uni travaillent, depuis le 17 avril, à une mission multinationale destinée à sécuriser le détroit.
Macron avait affirmé dimanche, lors d'une conférence de presse à Nairobi, qu'« un déploiement français n'a jamais été envisagé » sans « coordination avec l'Iran ». Le président français a réaffirmé que Paris « demeure prêt » à aider au rétablissement du trafic maritime dans le détroit « en coordination avec l'Iran ».
De son côté, l'Iran a averti que la présence de navires français ou britanniques dans ou autour du détroit d'Hormuz serait accueillie par une « réponse décisive et immédiate » des forces armées iraniennes. Kazem Gharibabadi, vice-ministre des Affaires étrangères iranien, a critiqué le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle vers la mer Rouge et le golfe d'Aden, qualifiant cette action d'« escalade de la crise » et de « militarisation d'une voie navigable vitale ».
« La sécurité maritime ne peut être assurée par des démonstrations de puissance militaire », a soutenu Gharibabadi. Il a rappelé que « seule la République islamique d'Iran peut établir la sécurité dans ce détroit et ne permettra à aucun pays de s'immiscer dans ces questions ».
L'Iran a ajouté que tout navire français ou britannique « coordonnant avec les actions unlawful américaines » ferait face à une réponse immédiate.
Les tensions se sont intensifiées depuis les frappes du 28 février menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, entraînant des représailles de Téhéran et la fermeture du détroit d'Hormuz. Un cessez-le-feu a pris effet le 8 avril suite à une médiation pakistanaise, puis a été prolongé par Donald Trump.
Des efforts diplomatiques en vue d'une solution permanente demeurent en cours.