Aksil Ouali
10 Septembre 2026•Mise à jour: 10 Septembre 2026
Le ministre algérien de l'Éducation nationale a annoncé, ce jeudi, l'annulation de sa réforme visant l'enseignement de la langue française et de la philosophie, décidée fin juillet dernier. Il a publié un arrêté ministériel abrogeant celui du 28 juillet dernier qui a mis en avant la suppression de la philosophie pour les filières scientifiques et techniques en terminale, ainsi que la réduction du volume horaire consacré à l'enseignement du français.
Le ministre algérien de l'éducation a été rappelé à l'ordre, dimanche dernier, par le président Abdelmadjid Tebboune qui lui a précisé que « les mesures concernant la réforme de l'éducation doivent être exclusivement discutées en Conseil des ministres ». Le chef de l'Etat algérien a demandé aussi à mettre l'école à l'écart des courants idéologiques qui nourrissent « des polémiques inutiles » sur l'avenir de l'école.
En annonçant sa réforme, le ministre de l'Éducation algérienne, Mohamed Seghir Saadaoui, avait, rappelons-le, mis en avant « l'objectif de renforcer l'enseignement de l'anglais en Algérie », ainsi que celui d'alléger les programmes pour les classes terminales.
Mais aussitôt, la décision a suscité de vives réactions. Il a été sévèrement critiqué, d'abord, par des enseignants de la philosophie qui voit en la suppression de cette manière « une volonté d'éliminer l'esprit critique chez les élèves ».
La révision de la place du français dans le système éducatif algérien a été également très critiquée par des pédagogues et des acteurs politiques qui considèrent que « le français est un butin de guerre (guerre de libération algérienne 1954-1962) ». Le ministre est, en revanche, soutenu par des acteurs affiliés au courant conservateur et religieux connu pour son opposition à « la langue du colonisateur ».