Sanaa Ou Amir Ahamada
10 Septembre 2026•Mise à jour: 10 Septembre 2026
AA/Istanbul/Sanaa Amir
Une centaine de territoires français, regroupant près de 7.000 communes, ont été sélectionnés par le gouvernement pour bénéficier en priorité d’un soutien financier destiné à accélérer leur électrification et à réduire leurs émissions de CO2, rapporte BFMTV.
Au total, 109 territoires, sur près de 200 ayant répondu à l’appel à candidatures, bénéficieront de ce dispositif. Selon la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Brégeon, « Plus d’un Français sur quatre bénéficiera de ce dispositif ».
Parmi les territoires retenus figurent notamment Saint-Maur, dans le Val-de-Marne, la communauté d’agglomération du Pays basque, la Corse, la communauté de communes Terre de Beauce, en Eure-et-Loir, ainsi que la Martinique et La Réunion.
Ces territoires seront prioritaires pour bénéficier d’une partie des 10 milliards d’euros prévus dans le cadre du plan global d’électrification du gouvernement. Les financements proviennent des certificats d’économies d’énergie (CEE), un mécanisme reposant sur le principe du « pollueur-payeur » et destiné à financer des actions de réduction de la consommation énergétique et des émissions.
Sortir du gaz et du fioul
Le dispositif vise en priorité à accélérer la sortie du gaz et du fioul pour le chauffage, mais également à développer la mobilité électrique, notamment à travers un déploiement plus rapide des bornes de recharge.
L’agriculture et l’artisanat font également partie des secteurs concernés par le programme, selon Maud Brégeon affirme la même source.
Le gouvernement prévoit par ailleurs une deuxième phase du plan d’électrification en octobre, destinée à « accélérer encore le mouvement ». Cette nouvelle étape sera financée notamment par le redéploiement de crédits actuellement consacrés à certaines aides considérées comme coûteuses et insuffisamment efficaces.
Réduire la dépendance aux énergies fossiles
Cette accélération intervient dans un contexte de crise énergétique qui met en lumière la dépendance de la France aux énergies fossiles importées.
« La crise énergétique actuelle nous rappelle notre forte dépendance aux énergies fossiles importées », a souligné Maud Brégeon, précisant que le gaz et le pétrole représentent 60 % de l’énergie consommée en France.
Face à cette dépendance, le gouvernement entend privilégier davantage l’électricité produite en France à partir de sources décarbonées, notamment le nucléaire et les énergies renouvelables.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait lancé en avril un vaste plan d’électrification de l’économie française comprenant 22 mesures. Celui-ci vise notamment à renforcer la souveraineté énergétique du pays, à soutenir le pouvoir d’achat des ménages et à améliorer la compétitivité des entreprises , rapporte BFMTV.
La France veut accélérer dans l’hydrogène
Le gouvernement entend également renforcer la place de la France dans le secteur de l’hydrogène industriel.
Maud Brégeon a indiqué que l’exécutif souhaitait « faire de la France un champion européen de l’hydrogène industriel ».
Dans le cadre du budget 2027, un nouvel appel d’offres de 1,2 milliard d’euros sur quinze ans doit être lancé. Il vise notamment à accompagner la décarbonation de la sidérurgie, un secteur particulièrement émetteur de CO2.
L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à accélérer l’électrification des usages, réduire la dépendance aux énergies fossiles et renforcer la souveraineté énergétique française.