Nadia Al Chahed
16 Mai 2016•Mise à jour: 17 Mai 2016
AA/Bujumbura/Jean Bosco-Yvan Rukundo
Au moins 1500 Burundais ont été expulsés ce week-end, par le Rwanda, a appris Anadolu lundi auprès du ministère de l’Intérieur burundais.
"De vendredi et jusqu’à dimanche soir, nous avions déjà accueillis 1528 personnes dans les provinces de Ngozi, Kayanza et Kirundo (dans le Nord du pays, frontalières du Rwanda ndlr)", a déclaré lundi à Anadolu, Terence Ntahiraja, Assistant du ministre de l’Intérieur du Burundi.
"Le Burundi les reçoit à bras ouverts et encourage ceux qui restent encore au Rwanda à rentrer aussi", a poursuivi la même source .
Ces expulsions interviennent alors que les relations entre les deux pays, déjà entamées depuis une année (le Burundi accusant sans cesse son voisin de le déstabiliser), viennent de connaître une recrudescence d'animosités. "Un Mémorandum d’actes d’agression contre le Burundi" a été publié le 14 mai par Willy Nyamitwe, Conseiller en communication du président burundais Pierre Nkurunziza.
Les autorités burundaises pointent du doigt, dans ce document dont Anadolu s'est procurée une copie, "le rôle prépondérant du Rwanda dans la préparation, l'accompagnement et l'accomplissement des opérations de déstabilisation des institutions burundaises en vue d’opérer un changement de régime favorable, avant tout, aux intérêts idéologiques du FPR (Front patriotique rwandais/ parti au pouvoir, ndlr) et à d’autres intérêts géopolitiques et géostratégiques de certaines puissances occidentales, certes inavoués mais visibles". Des accusations que le Rwanda nie en bloc.
Revenant sur ces expulsions massives, le Rwanda a affirmé qu’il s’agissait de "personnes en situations irrégulières" et que "ces action ne sont guère dirigées contre le Burundi".
"Ce sont des Burundais non réfugiés en situation irrégulière", a déclaré, dans le week-end, à Radio France Internationale (RFI) la ministre rwandaise en charge des réfugiés, Séraphine Mukantabana.
Selon le dernier décompte de l’agence onusienne pour les réfugiés, HCR, publié en avril dernier, 276 mille et 478 Burundais étaient toujours réfugiés dans les pays voisins, dont 77.610 au Rwanda.
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis l'annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat, jugé "anticonstitutionnel" par de larges pans de la société burundaise et qu'il a obtenu en juillet.
Ces violences ont fait depuis un an des centaines de morts et poussé plusieurs milliers de personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du HCR.