AA/Bujumbura/Rénovat Ndabashinze
Dix-sept personnes ont été blessées, vendredi, dans les manifestations anti-troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, qui se poursuivaient dans plusieurs quartiers de Bujumbura, selon la croix rouge.
Parmi les blessés figure un policier, un militaire et quinze civilsn , ont rapporté à Anadolu des témoins oculaires et une source responsable de la Croix rouge à Bujumbura.
Le mouvement contestataire, initié depuis plus de trois semaines par la société civile et l'opposition burundaises qui rejettent le troisième mandat "inconstitutionnel" de Nkurunziza, ne s'est toujours pas essouflé en dépit de "la violente répression opposée par les forces de l'ordre", a souligné, un des manifestants qui se dit membre d'une organisation de défense des droits de l'Homme à Bujumbura.
Des groupes de manifestants (d'environ 50 personnes chacun) sont, ainsi, sortis dans plusieurs quartiers de la capitale dont Bwiza, Jabe, Nyakabiga, Cibitoke, Ngagara et Mutakura, dénoncer "le troisème mandat inconstitutionnel" et brandir le drapeau du pays.
Enveloppés dans le drapeau burundais ou le brandissant sur des pancartes, les manifestants sacandaient "non au troisième mandat", "Nous sommes fatigués", "Nous voulons des élections démocratiques". Certains d'entre eux avançant en première ligne, effectuaient des accrobaties torses nus et tenant des bâtons dans les mains.
Les forces de l’ordre présentes en grand nombre dans les différentes artères de Bujumbura ont intercepté la route des manifestants en tirant des balles réelles faisant une quinzaine de blessés parmi eux, selon des témoins oculaires et une source de la Croix rouge, contactée par Anadolu.
En début d'après midi, un individu, a lancé une grenade contre un véhicule militaire qui passait dans le quartier de Kinanira II (sud de la capitale) blessant un militaire à la jambe, selon des policiers qui surveillaient les différentes rues dans le quartier.
Une accusation réfutée par les manifestants qui pointent du doigt des jeunes militants du parti au pouvoir qui se seraient cachés parmi eux afin de faire peser sur eux les soupçons.
A Mutakura, au nord de la capitale, un policier a été touché par une balle au niveau du ventre alors que ses collègues tentaient de disperser les manifestants, a indiqué à Anadolu une source policière.
"Nous réclamons que le président Nkurunziza renonce à son 3è mandat, la libération des prisonniers politiques, le report des élections qui doivent être inclusives, démocratiques, libres et transparentes", a déclaré à Anadou, un des organisateurs des manifestations affirmant la détérmination des manifestants "d'aller jusqu'au bout et de braver les coup de feu de la police".
S'exprimant pour la première fois en public, depuis le coup d'Etat avorté contre son régime, le président Pierre Nkurunziza a laissé entendre, dimanche, que le coup d'Etat et les manifestations qui secouent la capitale depuis presque un mois, sont liés à un plan commandité par le groupe al-Shabab somalien, affirmant, en revanche avoir obtenu des "renseignements sur une imminente attaque" du groupe armé somalien Al Shabaab contre le Burundi, l’Ouganda et le Kenya.
Dans un autre discours adressé à la nation, mercredi, il a tenu à rassurer la communauté internationale et les Burundais affirmant que "le processus électoral sera libre, transparent, inclusif et se déroulera dans un climat apaisé" avant d'annoncer que si le peuple lui fait encore une fois confiance, il ne briguera plus d'autres mandats.
Le bilan des manifestations contre un troisième mandat de Nkurunziza, commencées le 26 avril, s'élève à 26 morts, des centaines de blessés et plus de 500 arrestations selon un décompte de Anadolu, à partir de sources policières, humanitaires et de l’opposition.