Nadia Chahed
14 Février 2018•Mise à jour: 15 Février 2018
AA/Bujumbura/ Yvan Rukundo
L'opposition burundaise a dénoncé mercredi "une campagne d'enrôlement de force " des électeurs par les autorités.
Contrairement aux fausses déclarations de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), la grande majorité du peuple burundais a montré peu d’engouement dans les opérations d'inscription pour référendum constitutionnel, a affirmé dans un communiqué, l’opposition burundaise réunie au sein du Conseil national pour le respect de l’Accord d’Arusha (Cnared).
" Face à ce refus d’adhérer à ce scrutin de tous les dangers, Bujumbura a entamé une campagne d’enrôlement de force", déplore le Cnared dans le communiqué publié mercredi et dont Anadolu a reçu copie.
Et de poursuivre que c’est pour la première dans l’histoire du pays, que des écoles, des hôpitaux, des marchés, ou encore des services consulaires à l’étranger, … ne sont désormais accessibles qu’aux seuls détenteurs d’une preuve attestant leur inscription sur les listes électorales en vue du référendum constitutionnel.
Faisant un bilan de l’opération d’enrôlement des électeurs, la Céni avait déclaré, mardi, que plus de la moitié des électeurs pour le référendum se sont, déjà fait inscrire.
«Sur une projection de 4.452.679 de la population électrice attendue en 2020, nous en avons déjà inscrit 2.505.829, dont 1.298.453 hommes et 1.207.376 femmes, soit 56% de la population électrice attendue», a déclaré à la presse, Pierre Claver Ndayicariye, président de la Céni, lors d’un point de presse tenu mardi à Bujumbura.
Réunissant une dizaine de partis politiques, le Cnared prédit dans le même communiqué, que "l’adoption par la force de cette nouvelle Constitution passera par des exécutions extrajudiciaires, des emprisonnements arbitraires et par une nouvelle vague de réfugiés".
L'ONU avait annoncé, dans un rapport sorti la semaine dernière, s’attendre à 50 mille nouveaux réfugiés burundais pour l’année 2018. Ce qui amènera à 430 mille, le nombre de réfugiés burundais éparpillés dans les pays de la région depuis avril 2015, date de l’officialisation du 3ème mandat de Pierre Nkurunziza.
Selon la Céni, le référendum est prévu pour le mois de mai prochain.
Depuis fin avril 2015, le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences, déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. Ces violences ont déjà fait plus de 1000 morts et ont poussé des centaines de milliers de personnes à l’exil selon l’ONU.