Lassaad Ben Ahmed
10 Avril 2019•Mise à jour: 10 Avril 2019
AA / Yaoundé / Peter Kum
La Cour d’appel de Yaoundé a rejeté la demande de libération provisoire de Maurice Kamto, ses partisans et de ses alliés politiques, a-t-on appris mercredi de sources judiciaires.
La décision a été rendue mardi, en l’absence de l’opposant Kamto et ses coaccusés, qui ont refusé de se rendre à une audience à huis-clos dans le bureau du juge en charge de cette affaire.
« Maurice Kamto ne comparaîtra pas ce jour dans la suite de la procédure judiciaire politisée contre lui. Il en est de même pour ses alliés Christian Penda Ekoka, l’honorable Albert Dzongang Président du parti ‘’La Dynamique’’, Paul Eric Kingue, président du Parti MPCN, l’artiste Gaston Serval Abe dit ''Valsero'', des cadres du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) tels le Professeur Alain Fogue trésorier national et Célestin Djamen », avait annoncé mardi matin le porte-parole de Kmato, Olivier Bibou Nissack.
L’audience qui devrait débuter mardi à 8h (7h Temps universel), s’est finalement tenue en public vers 14h en l’absence de Kamto et ses coaccusés qui avaient refusé de quitter la prison pour se rendre au tribunal.
A l'extérieur du tribunal, « les militants et sympathisants du MRC ont été empêchés d’entrer dans la salle d’audience. Cette salle a été remplie de militaires en civil et des agents de renseignement », rapporte à Anadolu le porte-parole de Kamto.
Devant le tribunal, des sympathisants de Kamto qui attendaient cette audience, ont entamé une marche et ont entonné des chants de soutien au leader du MRC.
17 manifestants ont été interpellés et la marche a rapidement été dispersée par les forces de sécurité.
L’affaire Kamto étant close à la Cour d’appel de Yaoundé. Le procès doit se poursuivre au tribunal militaire.
Les chefs d'accusation retenus contre l’opposant Kamto et les 117 personnes interpellées le 28 janvier au lendemain de la «marche blanche» violemment réprimée se présentent comme suit : «Attroupement, rébellion en groupe, insurrection, hostilité contre la patrie, association de malfaiteurs, complicité, et trouble à l'ordre public».
Les accusés encourent jusqu’à 20 ans de prison, voire la peine de mort selon la loi camerounaise.
Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), parti de Kamto, a décidé d'organiser des manifestations le 13 avril dans plusieurs villes du Cameroun, en vue de réclamer la libération de Maurice Kamto et des prisonniers politique.
Cette manifestation a été interdite par le gouvernement.