Beyza Binnur Dönmez
05 Mai 2026•Mise à jour: 05 Mai 2026
AA / Genève / Beyza Binnur Donmez
Les journalistes au Liban font face à des menaces croissantes, notamment des attaques mortelles, de la surveillance et des lacunes juridiques, ont averti mardi des experts, appelant à une responsabilisation urgente et à un renforcement des protections.
Lors d’un point de presse hybride, des intervenants, dont des représentants de Human Rights Watch et de groupes juridiques et médiatiques, ont déclaré aux journalistes à Genève que la violence contre les journalistes s’inscrit dans un schéma plus large.
Elsy Moufarrej, présidente de l’Union des journalistes du Liban, a affirmé que les attaques contre les journalistes ne sont pas des incidents isolés mais reflètent un « schéma délibéré » visant à faire taire la couverture médiatique.
« Ces attaques sont très claires ; notre documentation montre qu’il s’agit d’attaques délibérées et directes contre les journalistes », a déclaré Ghida Frangieh, avocate à Legal Agenda à Beyrouth.
Les participants ont cité plusieurs cas de journalistes tués ces dernières années, notamment sur le terrain et même à leur domicile, avertissant que de tels incidents pourraient constituer des crimes de guerre.
Ils ont également souligné le rôle croissant de la surveillance, y compris par drones et l’usage potentiel de l’intelligence artificielle, pour suivre les déplacements des journalistes.
« Au Liban, nous sommes constamment surveillés », a déclaré Frangieh, ajoutant que cela soulève de graves inquiétudes sur la manière dont les journalistes sont identifiés et ciblés.
Les experts ont indiqué que le pays est devenu l’un des endroits les plus dangereux pour les professionnels des médias, notant que des dizaines ont été tués depuis 2023.
Ils ont averti que les journalistes se trouvent désormais confrontés à un choix impossible entre s’identifier clairement pour leur protection ou cacher leur identité afin d’éviter d’être ciblés.
Les intervenants ont critiqué le manque de responsabilisation, appelant à des enquêtes indépendantes et à une action juridique renforcée pour protéger les journalistes.
Ramzi Kaiss, chercheur libanais à la Division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch, a déclaré que Volker Turk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, dans un communiqué publié en mai, avait qualifié le Liban de pays le plus mortel pour les professionnels des médias en 2026.
Il a décrit la situation comme alarmante, expliquant que ces schémas existent parce que les pays qui auraient pu exercer une pression sur Israël n’ont pas agi.
Cela concerne principalement les pays européens et occidentaux qui ont fourni une aide militaire, une assistance et un transit d’armes à Israël, qui auraient pu être suspendus, a-t-il précisé.
Kaiss a ajouté que cela inclut également l’UE, qui aurait pu suspendre le volet commercial de son accord d’association avec Israël.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz