Lassaad Ben Ahmed
08 Janvier 2020•Mise à jour: 08 Janvier 2020
AA / Yaoundé / Peter Kum
Le bureau d’Elections Cameroun dans le Donga Matung, région du Nord-Ouest, a été incendié par les séparatistes anglophones, a appris Anadolu de sources concordantes, mercredi.
« Le siège d’Elections Cameroon (Elecam) dans le Donga Matung a été incendié mardi 07 janvier par des assaillants », a rapporté à Anadolu, mercredi, le gouverneur du Nord-Ouest, Adolphe Lélé Lafrique.
L’attaque, qui a eu lieu mardi, a été revendiquée par les séparatistes anglophones dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, précisant qu’il s’agit d’une « méthode dissuasive » par rapport aux élections législatives et municipales prévues au Cameroun le 9 février prochain.
Les séparatistes menacent, en effet, d’empêcher la tenue des élections dans les régions du Nord-Ouest et le Sud-Ouest.
Ils ont également annoncé un verrouillage du Nord-Ouest et le Sud-Ouest durant cinq jours, à partir du 07 février, deux jours avant les législatives et les municipales.
Ce verrouillage s’achève le 12 février. Ils menacent de mener des représailles contre toute personne qui ne la respectera pas.
« Nous annonçons une ville morte du 7 au 12 février. Aucune campagne électorale ou élection ne doit se tenir sur notre territoire. Toute personne qui prendra part aux activités liées aux élections, sera traitée comme un traître », ont-ils annoncé dans un communiqué émis en début d’année.
Ils défient ainsi le président camerounais, Paul Biya qui, à l’occasion de son discours à la Nation, le 31 décembre écoulé, a rassuré les populations anglophones que des mesures sécuritaires ont été prises pour préserver la paix avant, pendant et après les élections.
Dans le même ordre d’idées, le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, a annoncé, mardi, l’envoi de 300 gendarmes dans les deux régions en crise.
Pour rappel, lors de la présidentielle d’octobre 2018, des bureaux d’Elecam avaient été attaqués par des séparatistes et des membres de son personnel tués.
A l’approche de la présidentielle, les villes des régions anglophones –foyer de la crise socio-politique qui secoue le Cameroun depuis novembre 2016 –, s’étaient vidées de leurs habitants.