Nadia Chahed
09 Avril 2017•Mise à jour: 10 Avril 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La principale coalition de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC) a réclamé, dimanche, la médiation de la communauté internationale pour "éviter le chaos dans le pays".
Cet appel a été lancé par le Rassemblement des forces acquises au changement au lendemain de la nomination, vendredi soir, de Bruno Tshibala Nzenze, au poste de premier ministre, une nomination contestée par l'opposition et jugée "non consensuelle" par l'Union Européenne.
"Le Rassemblement lance un appel au secrétaire général des Nations Unies pour déclencher les bons offices prévus par la résolution 2348 ( adoptée le 31 mars dernier par le Conseil de Sécurité), et à l’Union Africaine afin de permettre une mise en œuvre effective et intégrale de l’accord du 31 décembre et de prévenir le chaos [..]", a déclaré Félix Tshisekedi , président, de la plateforme de l'opposition, lors d'une conférence de presse à Kinshasa.
Il a, en outre, accusé le président Joseph Kabila de s’ériger « désormais en principal obstacle au processus démocratique, faisant de la RDC, une zone d’instabilité et une menace pour la paix et la sécurité internationale ».
Evoquant la nomination de Tshibala, Félix Tshisekedi a noté qu'il s'agit d'un "non événement"pour le Rassemblement, ajoutant que cette nomination ne respecte guère l'accord politique du 31 décembre.
Il a, en outre, réitéré l’appel à des journées de protestation à partir de demain lundi jusqu'au 24 avril pour « exiger le respect de l’accord politique ».
La plateforme s'attendait, en effet, à la nomination de Félix Tshisekedi au poste de premier ministre conformément à la lettre remise aux évêques catholiques (qui assuraient la médiation entre les autorités et l'opposition) par son père et chef du Rassemblement Etienne Tshisekedi, décédé le 1er février dernier en Belgique.
L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS-principal parti d'opposition en RDC) avait, déjà, dénoncé, samedi, la nomination de Bruno Tshibala, l'un de ses cadres dissidents au poste de premier ministre.
Interrogé à ce propos par Anadolu, jean-Marc Kabund-A-Kabund, secrétaire général de ce parti avait pointé du doigt "l'immoralité" d'une telle nomination, d'autant que Tshibala ne fait partie ni du Rassemblement des forces acquises au changement, ni de l’UDPS, avait-il déploré.
L'Union européenne (UE) avait relevé, pour sa part, dans un communiqué, "le manque de consensus" sur la nomination de Bruno Tshibala comme premier ministre, exprimant "sa grande inquiétude à ce sujet".
L’UE avait, en outre, déploré cette nomination "contraire à la lettre et à l’esprit de l’Accord du 31 décembre 2016".