Nadia Al Chahed
18 Janvier 2016•Mise à jour: 19 Janvier 2016
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le principal groupement de l’opposition congolaise a exprimé, lundi, son refus des consultations proposées par l’Union Africaine (UA) en prévision du dialogue politique voulu par le président Joseph Kabila.
L’Union africaine a annoncé dimanche qu’elle allait dépêcher l’ancien Premier ministre togolais, Edem Kodjo, à Kinshasa afin « d’y conduire des consultations avec les différentes parties en prévision du dialogue politique».
Contactée, lundi par Analodu, la modératrice de la Dynamique de l’opposition (qui compte une dizaine de partis d’opposition), a annoncé que les composantes de cette Dynamique vont "boycotter" les consultations initiées par l’Union Africaine (UA).
« Ces consultations ne nous intéressent guère et nous n’allons pas y prendre part», a-t-elle affirmé, estimant que « C’est de la pire distraction » et que « tous ceux qui soutiendront ce dialogue ne feront que favoriser un troisième mandat de Kabila ».
‘’Nous n’avons pas besoin du dialogue, ce que nous voulons c’est le respect de la constitution, nous ne voulons ni de l’ONU ni de l’UA ni de qui que ce soit pour le dialogue", a, quant à lui, déclaré Martin Fayulu, président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDé-opposition).
De son côté, la majorité présidentielle, a jugé «salutaires», les consultations de l’Union africaine pour préparer le démarrage effectif du dialogue.
‘’Nous saluons cette initiative de l’UA, ainsi que le choix d’Edem Kodjo, lui-même Africain et maitrisant bien la situation de la RDC", a déclaré à Anadolu,, Alain André Atundu Liongo, porte-parole de la majorité présidentielle.
Le dialogue politique convoqué par le président Joseph Kabila est censé "trouver des issues aux différentes entraves qui se posent face au processus électoral", notamment, celle inhérente au financement des scrutins.
Alors qu’il devait démarrer à la mi-novembre, ce dialogue peine, à ce jour, à prendre forme, au moment où une grande partie de l’opposition rejette cette alternative qu’elle soupçonne d’être une "manoeuvre" pour maintenir Kabila au pouvoir au-delà de son mandat constitutionnel qui s’achève en décembre 2016.
Dans une récente déclaration à Anadolu, le porte parole de la majorité présidentielle, Alain Atundu avait indiqué que "le retard accusé dans la désignation d'un facilitateur international par les Nations Unies est derrière le blocage du dialogue".
Malgré des consultations entamées, mi-décembre, par Said Djinnit, l’émissaire des Nations Unies dans la région des Grands Lacs, le secrétaire général de l’ONU n’a toujours pas nommé un facilitateur international pour le dialogue politique en RDC.