Esma Ben Said
09 Février 2016•Mise à jour: 09 Février 2016
AA/Conakry/Boussouriou Bah
La presse guinéenne a décrété, mardi, une «journée sans presse» pour dénoncer "l'assassinat", du journaliste El hadj Mohamed Diallo, tué par balles, la semaine passée dans des heurts politiques à Conakry.
Selon des témoignages recueillis par Anadolu, El Hadj Mohamed Diallo, 33 ans a été tué, vendredi dernier, durant des altercations entre deux camps au sein du principal parti d’opposition guinéenne, Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG) en rapport avec l’exclusion du vice-président du parti, Amadou Oury Bah.
Dans la cohue générale, un coup de feu a été tiré, blessant gravement le journaliste collaborateur d'un site internet et d'un hebdomadaire indépendant, qui se trouvait sur place et qui a succombé à ses blessures, quelques heures plus tard. L’identité du tireur est, jusqu’à présent inconnue.
En signe de protestation contre la mort de leur confrère « assassiné en plein exercice de son métier » la presse publique et privée guinéenne a ainsi strictement respecté, mardi, le mot d'ordre lancé par les associations de presse guinéenne.
Aucune information n'a été donc diffusée à la télévision, à la radio et sur les sites d'informations générales depuis 6h du matin. Ce silence, qui a été largement suivi par les médias, se poursuivra jusqu'à 22h GMT, conformément au communiqué de cinq associations de professionnels des médias publié dimanche.
«Nous nous réjouissons de voir que cette journée sans presse est respectée même par les médias d’Etat dont nous saluons l’esprit de confraternité», a commenté Amadou Tam Camara, président de l’association guinéenne de la presse en ligne (AGUIPEL) joint par Anadolu.
Pour manifester sa colère, la presse guinéenne a également fait savoir qu’elle suspendait la couverture des activités de l’UFDG.
« Nous avons décidé de suspendre les activités de l’UFDG et ses dirigeants jusqu’à ce que la lumière soit faite sur cette affaire et que le coupable soit identifié», a indiqué Camara.
« Nous avons demandé aussi à l’ensemble de la presse de suçoir à communiquer sur les arguments des proches de Bah Oury et de Cellou Dalein Diallo (respectivement président et vice-président du parti). Parce que c’est comme si nous leur donnions la possibilité de prolonger leur combat dans nos colonnes et nos studios, ce combat même qui a tué notre journaliste », a expliqué le président de l’AGUIPEL.
« La presse guinéenne se constitue par ailleurs partie civile sur cette affaire », a-t-il ajouté.
Lundi, une marche, «pour réclamer justice» au nom du journaliste, a rassemblé plus de 300 journalistes et représentants de la société civile à Conakry. Elle s’est déroulée sans violence, a constaté un correspondant de Anadolu.