Nadia Al Chahed
06 Octobre 2015•Mise à jour: 06 Octobre 2015
AA/Conackry/correspondants
A seulement cinq jours de la Présidentielle guinéenne, prévue dimanche, l’opposition a, une nouvelle fois, menacé de boycotter le scrutin si «les conditions nécessaires pour l’organisation d’élections libres et transparentes n’étaient pas réunies».
Aboubacar Sylla, porte-parole du principal candidat de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, a annoncé lundi à la presse locale: "tous les candidats tiendront, au plus tard jeudi, une réunion extraordinaire pour prendre une décision ultime. On peut parfaitement boycotter un scrutin qui ne donne pas de garantie de transparence et qui risque d’être une mascarade électorale".
Alors que les deux têtes de liste du rendez-vous électoral du 11 octobre, soit l’actuel président Alpha Condé et son principal opposant Diallo, poursuivent chacun de son côté sa campagne électorale, qui doit prendre fin samedi, le pays a vécu durant le week-end dernier de violents affrontements entre les partisans de Condé et des militants de l'opposition, qui se sont soldés par un mort et des dizaines de blessés, dans la plus grande ville du sud du pays, N'Zérékoré.
Depuis, les autorités ainsi que d’autres parties guinéennes et étrangères ont multiplié les appels au calme, afin de tenir un scrutin apaisé.
Dans un communiqué publié dimanche, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE UE) à Conackry, a, pour sa part déploré «les derniers incidents survenus au cours de la campagne » et jugé que :« Ces incidents témoignent d’une atmosphère de campagne extrêmement tendue. Tous les acteurs du processus électoral devraient avoir à cœur d’éviter que le recours à la violence n’accompagne leur démarche».
La présidentielle du 11 octobre mettra le président Alpha Condé, au pouvoir depuis 2010, face à sept candidats dont les grosses pointures de l’opposition guinéennes, Cellou Dalein Diallo (candidat de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG-principal parti d'opposition), Lansana Kouyaté, candidat de l'Espoir pour le Développement National (PEDN) et Sidya Touré, candidat de l’Union des Forces Républicaine (UFR)
Les sept candidats engagés dans la course pour la présidentielle en Guinée, contre Alpha Condé, ont réclamé, début octobre, un report d’au moins une semaine du scrutin, prévu le 11 octobre, afin de permettre à l’Institution électorale (CENI) de corriger quelques anomalies.
L’opposition reproche, notamment, à la Commission électorale nationale indépendante, de «nombreuses irrégularités», parmi lesquelles des « doublons dans le fichier électoral et le retard dans la distribution des cartes d’électeurs dans les districts du pays ».
S’exprimant «au nom de tous les candidats» (excepté Condé) Sylla avait estimé au début du mois «que les problèmes actuels liés au fichier électoral, compromettraient la qualité, la transparence et la crédibilité du scrutin du 11 octobre et pourraient même amener les candidats de l’opposition à se retirer du processus électoral" .
Commentant la réclamation du report du scrutin, une source proche du pouvoir, jointe par Anadolu, a jugé qu’ «elle n’avait pas lieu d’être» et ajouté que «la CENI a corrigé toutes les anomalies du fichier électoral en présence de membres de l’opposition inclus dans le comité de suivi».
Près de 6. 7 millions de Guinéens sont convoqués au scrutin.