Lassaad Ben Ahmed
03 Février 2020•Mise à jour: 04 Février 2020
AA / Pascal Mulegwa
L’Ouganda et le Rwanda, voisin, se sont engagés à l’issue d’un sommet quadripartite tenu dimanche en Angola, à procéder à la libération « totale » des citoyens détenus à la suite des tensions entre les deux pays depuis deux ans.
C’est ce qui ressort d’une déclaration commune, rendue publique lundi, des présidents congolais, Felix Tshisekedi, angolais Joao Lourenço, Rwandais Paul Kagame et Ougandais Yoweri Museveni.
Les quatre présidents s’étaient réunis dimanche à Luanda dans le cadre de la deuxième sommet sur la situation dans les Grands Lacs, après une première réunion en août dernier.
A cet effet, le Rwanda et l’Ouganda se sont engagés à procéder à la « libération totale des citoyens nationaux de chaque pays, dûment identifiés et inclus dans les listes échangés», indique un communiqué transmis par la présidence congolaise.
Le nombre desdits prisonniers n’a pas été révélé. Toutefois, des incidents ont eu lieu, de part et d'autres, conduisant à la détention réciproque de citoyens des deux pays.
En juillet dernier, plus de 40 ressortissants rwandais, membres d’une Eglise pentecôtiste, avaient été arrêtés dans la capitale ougandaise, Kampala, pour leur présumée implication dans une affaire d'espionnage.
D’autres avaient été arrentés dans les mêmes conditions. Plus de 100 Rwandais sont encore incarcérés en Ouganda, a indiqué, dimanche soir, à la télévision publique rwandaise, Olivier Nduhungirehe, secrétaire d'Etat au ministère rwandais des Affaires étrangères.
« Les deux parties doivent s’abstenir de tout facteur qui puisse susciter la perception de l’appui, du financement, de l’entraînement et de l’infiltration de forces déstabilisatrices sur le territoire voisin », dit le même communiqué par lequel les parties s’engagent, en outre, à « protéger et respecter les droits humains des citoyens de l’autre partie ».
Un nouveau sommet a été fixé pour le 21 février courant, à Gatuna, à la frontière entre les deux pays, où la circulation est fermée par Kigali.
Les deux voisins s'accusent d’espionnage, d'assassinat et d’ingérence politique, depuis début 2019. Kigali accuse aussi certains officiels ougandais d’entretenir des liens et de soutenir des groupes rebelles rwandais, dont le Rwanda National Congress (RNC) de l’ancien général Kayumba Nyamwasa.
En mai dernier, Callixte Nsabamina, dissident du RNC, devenu porte-parole des FNL, branche armée du MRCD de Paul Rusesabagina, avait évoqué des contacts avec le service ougandais des renseignements.
Ces tensions avaient conduit Kigali, en février 2019, à procéder à la fermeture de ses frontières avec l'Ouganda, qui dénonçait cet acte et le considérait comme un embargo économique.
En août dernier, le Rwanda et l'Ouganda ont signé un mémorandum d'entente à Luanda, dans lequel ils se sont engagés à mettre fin à plusieurs mois de tensions et d'accusations mutuelles.
Le protocole conclu a été signé en présence des présidents de l’Angola, Joao Lourenço, de Félix Tshisekedi de la République démocratique du Congo, et Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville.