Nadia Chahed
19 Février 2020•Mise à jour: 19 Février 2020
AA/Bangui/Sylvestre Krock
Deux jours après la manifestation citoyenne à Bangui pour réclamer le départ de trois hauts fonctionnaires de la mission onusienne en République centrafricaine (Minusca), le gouvernement centrafricain s'est aligné mercredi sur cette position, selon une correspondance officielle adressé au Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RCA, Mankeur Djaye.
"Les faits dénoncés sont jugés suffisamment graves par les autorités centrafricaines qui, de ce fait, demandent le départ des personnes concernées du territoire centrafricain", a noté la ministre centrafricaine des Affaires étrangères, Sylvie Baipo Temon, dans la correspondance adressée au chef de la Minusca et consultée par Anadolu.
Temon précise dans le document qu'il a été mis à sa disposition "un rapport attestant de comportements et agissements antinomiques au code de bonne conduite préconisée par l’Organisation des Nations unies et contraires à la bonne collaboration entre la Minusca et le gouvernement centrafricain".
Le gouvernement ne s'est d'ailleurs pas contenté de réclamer le départ de ces responsables mais a accordé un ultimatum de sept jours aux Responsables de la Minusca pour faire partir rapidement du territoire centrafricain Zalko Bars Dimitroff, Chef du bureau de coordination à Bangui de la Minusca, Torres Ray, Directeur des affaires politiques de la Minusca et Carlos José, Responsable de la Coordination du 3ème arrondissement de Bangui.
" Une mutation sous délai d’une semaine est sollicitée, au risque de voir leurs immunités levées et de les voir être traduits devant la justice centrafricaine pour les faits qui leur sont reprochés", précise la ministre dans sa correspondance.
L'affaire de ces trois cadres de la Minusca a été enclenché par le Mouvement des patriotes centrafricains pour la paix-une organisation de la société civile- qui a mobilisé lundi des milliers de jeunes dans la rue pour réclamer le départ de ces responsables qu'il accuse de "connivence avec des groupes armés".