Mona Saanouni
19 Février 2020•Mise à jour: 19 Février 2020
AA/Tripoli/Walid Abdallah
Le président du Conseil présidentiel du gouvernement d'entente nationale, Fayez al-Sarraj, a annoncé, mercredi, la suspension de toutes les négociations militaires, politiques et économiques, parrainées par la MANUL, avec le général à la retraite Khalifa Haftar.
C'est ce qui ressort des déclarations faites par al-Sarraj à la chaîne libyenne (privée) "Libya al-Ahrar", quelques heures après l'annonce de la suspension de sa participation aux discussions militaires à Genève, en raison des violations répétées du cessez-le-feu par les milices de Haftar.
Mardi, le Conseil présidentiel du gouvernement d'entente nationale, reconnu par la Communauté internationale, a annoncé la suspension de sa participation aux négociations militaires de Genève, après que les milices de Haftar aient bombardé le port maritime de Tripoli, faisant 3 morts et 5 blessés dans les rangs des civils.
Plus tôt dans la journée de mercredi, la Mission d’Appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a dénoncé, avec force, mercredi, le bombardement, la veille, par les milices de Khalifa Haftar, du port de Tripoli, qui a fait plusieurs victimes.
« Le bombardement aurait pu générer une véritable catastrophe si un navire transportant du gaz liquéfié aurait été touché », lit-on dans le communiqué.
La Mission a formé l’espoir de voir le dialogue militaire de Genève reprendre, après l’annonce par le Conseil présidentiel de suspendre sa participation aux pourparlers.
La Mission a appelé à arrêter l’escalade et les actes de provocation, notamment, l’extension de la surface des combats, et le retour au dialogue en tant qu’unique voie pour mettre fin à la crise.
Il a souligné que le port est « une artère vitale de plusieurs villes en Libye qui permet d’acheminer aux citoyens des besoins fondamentaux, notamment, les médicaments, les équipements médicaux, les denrées alimentaires et les combustibles à usage domestique et la production d'énergie ».
Les forces de Haftar mènent, depuis le 4 avril dernier, une attaque pour prendre le contrôle de la capitale Tripoli, où siège le gouvernement de l’entente nationale, ce qui a déjoué les efforts consentis par les Nations Unies visant à organiser une conférence de dialogue entre les Libyens.