Nadia Al Chahed
13 Octobre 2015•Mise à jour: 14 Octobre 2015
AA/Kigali/Henri Demarie
Le parlement rwandais s’est, majoritairement, prononcé favorable au projet d’amendement constitutionnel qui ouvrira à l’actuel président Paul Kagamé la porte d'un troisième mandat en 2017, selon le correspondant de Anadolu.
Ce projet de réforme, présenté, lundi, par la Commission d’experts (sept juristes), au Parlement, dominé par le parti présidentiel, a été, approuvé par la majorité des députés présents à la plénière.
Certains députés ont, toutefois, exprimé des réserves quant au côté illimité de cette révision et proposé d’apporter certains ajustements au projet avant son adoption définitive par les deux chambres du parlement et de le soumettre, ensuite, au vote par référendum.
Il s'agit de deux principales modifications, proposées entre autres par Jean Marie Vianney Gatabazi, député du parti de Kagamé, le Front patriotique rwandais (FPR), qui stipulent l’application de la non limitation des mandats pour le seul cas de Paul Kagamé et de doter, en outre, le parlement du pouvoir de destituer, dans certaines conditions, un chef d’Etat en exercice.
Trois semaines ont été nécessaires à cette commission d’experts, pour livrer un premier projet d'amendement de la loi fondamentale du pays.
Les modifications proposées recommandent, notamment, le déverrouillage définitif de l'article 101 de la Constitution limitant à deux le mandat présidentiel de sept ans et qui ne permet, donc, pas à M. Kagame, élu en 2003 puis en 2010, de se représenter en 2017.
«Nous restons convaincus qu'ils ont pris véritablement en compte les aspirations profondes du peuple rwandais car le peuple a surtout demander une continuité du président Kagamé à la tête de l'Etat." a déclaré à Anadolu Jeanne d'Arc Uwimanimpaye, députée du parti au pouvoir, à l’issue de la séance plénière de lundi soir.
Selon le parlement rwandais, la réforme de la constitution aurait été suggérée par des pétitions populaires spontanées signées par près de 4 millions de Rwandais partisans de Kagamé.
A l’issue de trois semaines de "consultations populaires", conduites en août dernier, le Parlement rwandais avait donné le feu vert à une réforme constitutionnelle pour lever la limitation du nombre de mandats.
Pour être adoptée, la Constitution révisée doit, d'abord, obtenir les trois-quarts des votes dans chacune des deux Chambres du Parlement, toutes deux dominées par le FPR (Front patriotique rwandais) et ses alliés. Elle devrait être ensuite soumise à un référendum.
Le Parti démocratique vert (opposition), et de nombreux observateurs ont mis en doute les consultations populaires entamées en août.
Ce parti, d'ailleurs le seul à être opposé à un troisième mandat de Kagamé, a déposé une requête contre l’amendement de l’article 101 de la constitution, laquelle a été rejetée par la Cour suprême.