Esma Ben Said
23 Mars 2018•Mise à jour: 23 Mars 2018
AA/Niamey/Kané Illa
La Police judiciaire de Niamey a interpellé le cyberactiviste et acteur de la société civile Ousseïni Daouda, qui avait publié, sur Facebook, une photo, avec la mention «cet homme est dangereux», de l’enseignant dont «l’agression» par des étudiants a provoqué une crise à l’Université de Niamey, a appris vendredi Anadolu de source proche de la société civile.
«Ousseini Daouda dit Maïga principe a été interpellé par la Police judiciaire hier. Il y est encore détenu », a indiqué l’acteur de la société civile Maïkoul Zodi, dans une déclaration à Anadolu.
Selon la même source, le cyberactiviste a été interpellé suite à une plainte de l’enseignant dont «l’agression» a provoqué une crise entre les enseignants et les étudiants de l’Université Abdou Moumouni de Niamey.
Réagissant à cette situation, Ousseïni Douada avait récemment publié, sur son compte Facebook, la photo de l’enseignant, avec la mention : «Cet homme est dangereux».
C’est au début du mois de février dernier qu’une crise avait éclaté entre les enseignants et les étudiants de l’Université de Niamey.
Suite à «l’agression » d’un de leurs camarades par des éléments de la Commission des affaires sociales et de l’ordre (CASO) de l’Union des étudiants nigériens à l’Université de Niamey (UENUN), les enseignants avaient engagé une «grève illimitée» pour exiger, entre autres, la dissolution de la CASO et l’exclusion définitive des étudiants identifiés comme auteurs de l’agression.
Le 17 mars dernier, le Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (SNECS) de l’Université de Niamey avait annoncé la fin de la grève, suite à un protocole d’accord qu’il a signé avec le gouvernement.
Entre autres engagements, le gouvernement a promis de prendre des mesures pour «interdire toute forme de violence exercée par un individu ou groupe d’individus sur les espaces non couverts par les franchises universitaires dans les meilleurs délais».
S’agissant de la dissolution de la Commission des affaires sociales et de l’ordre (CASO) des étudiants, le gouvernement a estimé que «la CASO n’ayant pas de personnalité juridique, il s’agit plutôt de l’interdiction de toute forme de violence exercée par toute structure et/ou organisation sur le domaine universitaire».
Le SNECS a précisé qu’un comité sera mis en place pour veiller à l’application des différents engagements pris par le gouvernement.
Le syndicat a prévenu qu’en cas du non-respect des engagements pris par le gouvernement, il se réserve le droit de reprendre sa grève.
Quelques jours plus tôt, le mercredi 14 mars, le Conseil de l’Université, la plus haute instance décisionnelle, avait décidé de «l’exclusion définitive» des facultés, écoles et instituts, des deux premiers responsables de l’UENUN et de trois autres de la CASO.
Lors d’une assemblée générale tenue mardi, l’UENUN a rejeté toutes les mesures contenues dans le protocole d’accord entre le SNECS et le gouvernement, ainsi que celles du Conseil de l’Université.
Les cours n’ont pas véritablement repris à l’Université de Niamey.